Après un an
- Cohorte totale : petite baisse de BMI (−0,66 % ; p = 0,041).
- Répondeurs (chute de dp-ucMGP ≥ 183 pmol/L) : baisse de masse grasse (−1,93 %), rapport taille/hanches (−1,43 %), BMI (−1,37 %), poids (−1,25 %).
- Non-répondeurs : hausse du VAT (+7,28 %) : le statut K qui ne bouge pas n’améliore rien, et le temps passe.
Les femmes, surtout pré-ménopausées, montraient des réductions plus marquées de BMI, graisse et poids. Le dp-ucMGP baissait significativement chez ~91 % des femmes ; chez les hommes, ~78 % baissaient mais sans atteindre la significativité statistique du groupe.
Comment lire sans marketing minceur
- 180 µg/j de MK-7 pendant 12 mois n’est pas un coupe-faim. L’effet BMI moyen est minuscule.
- L’intérêt biologique est surtout le statut K (activation MGP / ostéocalcine) et un possible remodelage discret de la composition chez les répondeuses.
- Les hommes pourraient avoir besoin d’autres doses / durées : hypothèse des auteurs, pas encore preuve robuste.
- Sans contrôle placebo strict dans le résumé, une partie du signal peut venir du suivi, du mode de vie, de la régression vers la moyenne.
Lien avec l’os (le fil OrthoDiet)
Même si l’outcome principal ici est l’adiposité, le mécanisme passe par des protéines aussi centrales pour l’os. Un statut K bas qui s’améliore, c’est potentiellement bon pour la carboxylation de l’ostéocalcine. Pour l’ostéoporose clinique, on continue de prioriser densitométrie, D, calcium, charge mécanique et traitements validés ; la MK-7 reste un cofacteur intéressant, surtout si l’assiette est pauvre en fermentés (natto, certains fromages).
Pour qui ça peut se discuter ?
- Adulte avec risque osseux / cardiovasculaire et faible apport en K2 alimentaire.
- Femme en péri-ménopause déjà sous D3, qui cherche un duo D3/K2 documenté.
- Pas en première intention « pour maigrir ».
- Contre-indication relative majeure : anticoagulants anti-vitamine K (warfarine) : avis médical obligatoire.
Précautions
MK-7 liposoluble : prendre au repas. Surveiller les interactions médicamenteuses. Ne pas confondre 180 µg de MK-7 grand public avec les très hautes doses de MK-4 pharmaceutiques utilisées dans certains pays.
Ce que l’étude change (et ne change pas)
Elle renforce l’idée que le statut vitamine K n’est pas qu’une histoire de coagulation ou de densitométrie : il dialogue avec l’adiposité. Elle ne transforme pas la MK-7 en brûle-graisse. Si tu complètes, vise d’abord la correction d’un terrain bas et la synergie osseuse / vasculaire, pas la balance.
dp-ucMGP : un biomarqueur que tu ne verras pas en pharmacie
Le dp-ucMGP reflète l’activation insuffisante de la matrix Gla protein quand la vitamine K manque. Dans la recherche, il sert de boussole pour classer répondeurs et non-répondeurs. En médecine de ville française, ce dosage est rare. On raisonne donc par proxy : alimentation pauvre en fermentés, D3 haute dose au long cours, risque osseux ou vasculaire, et tolérance à un essai de MK-7 sous suivi.
Si après trois à six mois rien ne bouge cliniquement (et que tu n’as pas d’indication osseuse claire), inutile d’empiler les pots.
Composition corporelle ≠ perte de poids Instagram
Baisser le BMI de moins d’un pour cent sur un an n’est pas un before/after de coach. L’intérêt de PMID 42280344 est mécanistique et sexospécifique : la K2 dialogue avec l’adiposité, surtout chez certaines femmes dont le statut K s’améliore franchement. Pour la balance, protéines, déficit calorique modéré et musculation restent les leviers majeurs.
Natto, fromages et gélule : même famille, doses différentes
Une portion de natto peut fournir des centaines de microgrammes de MK-7 selon la fermentation. Les fromages à pâte dure en apportent moins, de façon très variable. La gélule à 180 µg standardise l’apport pour ceux qui ne mangeront jamais de natto. Aucune de ces voies ne dispense d’évaluer calcium, D et activité physique si l’objectif est osseux.