Cholestérol : Pourquoi les statines ne servent à rien ! Mon avis sur la question

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Le cholestérol est un constituant essentiel des cellules. Il fait partie des membranes cellulaires et participe également au transport des nutriments liposolubles du foie vers les cellules et vice versa. La navette se fait des cellules hépatiques vers l’ensemble des cellules du corps, et de ces dernières vers les cellules hépatiques. Le cholestérol de faible densité (LDL) transporte les nutriments vers les cellules et le cholestérol à haute densité (HDL) transporte les déchets et métabolites des cellules vers les cellules hépatiques. Cette navette est constante et se fait régulièrement et à chaque instant.

Pourquoi un indicateur d’hyperlipidémie ?

Certains pensent que le cholestérol est un marqueur parce qu’il est impliqué dans le métabolisme de la formation des plaques d’athérome sur les parois internes des vaisseaux sanguins. D’autres pensent que le cholestérol n’a absolument rien à avoir avec un marqueur quelconque de quelque nature qu’il soit. La réalité est que le cholestérol pourrait constituer un marqueur d’un dysfonctionnement hépatique et/ou cellulaire et non pas un marqueur d’athérosclérose. En effet, si le taux sanguin du LDL est élevé et que celui du HDL est bas, cela serait dû soit à un ralentissement du métabolisme hépatique qui n’envoie plus les réserves nutritives et/ou ne reçoit plus correctement les métabolites émanant des cellules du corps. Cela sous-entendrait également que le métabolisme cellulaire serait entravé et que les cellules tournent au ralentit, ce qui ralentirait également le foie. Les causes de ce ralentissement peuvent être hépatiques ou cellulaires (mitochondries par exemple) ou d’autres causes indépendantes du foie ou des cellules de l’organisme comme la régulation neuro-hormonale, l’infection virale ou des troubles cardiaques ou rénaux…etc. Ce ralentissement du métabolisme est grave. Une baisse drastique du cholestérol pourrait engendrer également ce désordre.

On pourrait également constater un déséquilibre dans la voie de l’approvisionnement cellulaire avec le LDL et la voie de l’élimination avec le HDL. Si le LDL approvisionne plus que le HDL n’élimine, le ratio HDL/LDL serait déséquilibré et les cellules seront encrassées par les métabolites qui s’accumuleront avec le temps augmentant ainsi la toxicité de l’environnement cellulaire. Si l’inverse se produit, le fonctionnement cellulaire sera optimal et le moindre métabolite produit sera rapidement éliminé par le HDL.

De ce point de vue on comprend l’utilité d’avoir une limite inférieure pour le HDL sans limite supérieure, puisque, plus ce dernier sera élevé plus il sera en mesure d’éliminer plus rapidement les déchets de la cellule. On comprend également la nécessité d’une limite supérieure pour le LDL puisque si cette limite est franchit, elle le sera au dépend des capacités d’élimination du HDL. Mais il est très difficile de justifier l’absence de limite inférieure pour le LDL puisque l’absence de LDL implique l’arrêt de tout processus vital. Le LDL est responsable de l’approvisionnement et ce dernier devrait à la fois être limité à la hausse (afin de ne pas dépasser les limites de l’élimination par le HDL) comme à la baisse (afin d’avoir un minimum d’approvisionnement en nutriments pour les cellules).

Quel est le rôle du cholestérol dans la formation des plaques d’athérome ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser le cholestérol n’a pas un rôle déterminant dans la formation des plaques d’athérome sur les parois vasculaires. C’est le calcium qui rend la formation de cette plaque possible ou c’est plutôt le calcium non fixé au niveau osseux par carence en vitamine D ou en d’autres micronutriments impliqués dans le métabolisme du calcium (magnésium, phosphore, vitamine K) qui serait à l’origine d’une éventuelle fixation au niveau vasculaire. Cela dit, si le taux de LDL est élevé, ce qui est déjà mauvais du point de vue de la balance cellulaire approvisionnement/élimination, il aura plus de chance de servir d’émulsifiant pour le calcium qui se déposerait au niveau des parois internes des vaisseaux à cause de l’inflammation de cette paroi dont le déclenchement pourrait être provoquer par des facteurs multiples, les plus importants sont les caractéristiques rhéologiques du sang (densité du sang, agrégabilité, adaptabilité et forme des globules rouges…etc.). Dans le cas par exemple de la drépanocytose, les globules rouges ont une forme pointue qui favorise l’adhérence aux parois vasculaires et par conséquent la création d’inflammation chronique et la formation de la plaque athéromateuse.

Il apparaît clairement que le LDL n’a qu’un effet secondaire dans la formation de la plaque athéromateuse et que même chez les sujets présentant des taux bas de LDL, ils pourraient développer de l’athérosclérose si les conditions objectives de la formation de la plaque sont réunit (anomalie rhéologique, calcémie élevée…etc.). La preuve chez les patients drépanocytaires, la plaque se forme indépendamment du taux de cholestérol LDL ou HDL.

Qu’en ai t’il des médicaments anticholestérol ?

Afin de pouvoir donner un avis clair à ce sujet (indépendamment de leurs effets secondaires) et d’en juger de la légitimité de l’action métabolique de ces médicaments, il serait important de donner une justification métabolique claire. Pour se faire, il faudra s’intéresser aux voies métaboliques de la synthèse du cholestérol :

Cétogénèse (B-oxydation, transamination, désamination oxydative) —> Acétocétate —> Hydroxyméthyl-glutaryl —> Mévalonate —> …5 réactions… —> Isopentényl-5-pyrophosphate —> Farnésyl PP —> …21 réactions …—> Cholestérol

La réaction en rouge (—>) est induite par la HMG CoA réductase qui est inhibée par les fameuses statines, cette réaction constitue le moment métabolique exact de l’action des statines.

La flèche en bleu (—>) correspond à 2 réactions successives. Elles sont toutes les deux catalysées par la farnésyl PP synthase et c’est à ce niveau précis que les biphosphonates vont agir afin d’inhiber l’enzyme farnésyl PP synthase.

En gros, les statines agissent plus tôt que les biphosphonates dans la voie métabolique de la synthèse du cholestérol. Ils bloquent la voie presque dès le départ, c’est la raison pour laquelle ils sont plus efficaces que les biphosphonates. C’est aussi la raison qui pourrait expliquer le fait que les statines comportent plus d’effets secondaires que les biphosphonates.

Qu’est ce que cela signifie ?

Nous avons vu plus haut que le cholestérol n’est qu’un marqueur et que son implication n’est que secondaire dans le processus de la formation de l’athérome. L’altération des taux sanguins de cholestérol (baisse du HDL et hausse du LDL) n’est également pas due au cholestérol lui même mais à d’autres facteurs indépendants du cholestérol. Pourquoi donc s’acharner à inhiber une voie métabolique entière à 29 réactions ? Cela n’équivaudrait il pas à vouloir fermer le robinet alors que le moteur continue à pomper de l’eau ? Au bout d’un certain moment, soit c’est le moteur qui sera esquinté, soit c’est la tuyauterie ou même le robinet exploseront. Ce qui dans notre cas provoquerait d’autres adaptations métaboliques et créerait d’autres voies métaboliques en catastrophe, ce qui explique parfaitement tous les effets secondaires immédiats, à moyen et long terme de ces médicaments.

Quelle solutions ?

Pourquoi ne pas tenter d’élucider les raisons de la hausse du LDL et de la baisse du HDL en réalisant des examens complémentaires, des analyses de marqueurs hépatiques, rénaux, de l’inflammation…etc. pourquoi ne pas tenter d’interroger le patient intelligemment en intégrant l’ensemble du tableau clinique qu’il présenterait au lieu de se baser seulement sur des marqueurs de lipidémie qui ne sont que des résultantes d’autres troubles métaboliques? Avoir une vision holistique de la question me paraît essentiel. Et puis pourquoi s’obstiner à négliger l’homocystéinémie ?

Réfléchir uniquement à partir des taux de cholestérol, des triglycérides et des apolipoprotéines me paraît aussi absurde que de suivre un mirage sans tenter d’en comprendre le mécanisme qui se cache derrière. Cela s’appelle la médecine symptomatique ou la médecine de l’aspirine et du doliprane.

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