« Chlorure ou sulfate de magnésium ? » revient en pharmacie et en consultation dès qu’un patient a vu un comparatif TikTok. La réponse utile ne tient pas dans un classement absolu de biodisponibilité : elle dépend de la voie, de la tolérance digestive et de l’objectif clinique.
D’abord séparer les usages
Le sulfate de magnésium IV (MgSO₄) est un médicament : prééclampsie/éclampsie, torsades, hypomagnésémie sévère, protocoles périopératoires. Ce n’est pas le cousin du sachet oral du rayon compléments. Confondre les deux entretient des attentes absurdes (« un cachet = une perf »).
Par voie orale, sulfate et chlorure font partie des sels inorganiques, souvent plus à risque d’effet osmotique (selles molles) que certaines formes organiques (citrate, bisglycinate, malate), même si les données head-to-head solides restent limitées et parfois contradictoires.
Chlorure de magnésium
Souvent mis en avant pour une solubilité correcte et une utilisation en eau (« magnésium marin » marketing). En pratique :
- Utile si l’objectif est un apport quotidien simple
- Tolérance digestive variable ; fractionner les prises
- Vérifier la dose élémentaire de Mg²⁺ sur l’étiquette (pas le poids du sel)
Sulfate de magnésium oral
Historiquement utilisé comme laxatif osmotique. Comme correcteur au long cours d’une carence, il est rarement le premier choix de confort. En revanche, en milieu hospitalier, le sulfate IV reste incontournable dans ses indications codifiées ; des essais récents explorent même des cibles magnésémiques périopératoires (ex. fibrillation atriale post-chirurgie cardiaque), sans transposer ces protocoles à l’automédication.
Comment trancher en 30 secondes
- Hypomagnésémie sévère / urgence → filière médicale, formes parentérales selon protocole.
- Complément au long cours → privilégier tolérance : souvent citrate ou bisglycinate si digeste fragile ; chlorure possible si bien supporté.
- Constipation associée → un sel plus osmotique peut être un double effet volontaire ; sinon, éviter.
- Interaction / insuffisance rénale → prudence sur tous les sels ; adaptation néphrologique.
Le meilleur magnésium est celui que le patient tolère assez longtemps pour corriger le déficit. Le débat chlorure vs sulfate n’a de sens qu’après avoir clarifié la voie d’administration et la dose élémentaire réelle.
