L’avenir de la médecine : Prédiction de la pathogénèse grâce à la variabilité

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Les principes sur lesquels est basée la médecine d’aujourd’hui permettent de traiter la maladie dès l’apparition de ses premières manifestations aiguës. La plupart des médecins n’arrêtent pas d’insister sur le rôle de la prévention. Cependant, les politiques de santé publiques actuelles ne sont pas orientées vers des stratégies de prévention, mais plutôt vers le traitement des maladies dès leur manifestation clinique. C’est là un point fondamental qui constitue une rupture entre la vision qu’ont toujours eu les médecins au fil des millénaires et la vision de la médecine pratiquée actuellement. Il y a une phrase qui résume parfaitement la situation actuelle qu’un collègue à moi n’arrête pas de répéter à chaque événement scientifique : “on est passé d’une médecine de la santé à une médecine de la maladie..”.

Il est vrai que les progrès réalisés dans le domaine des explorations radiologiques, des analyses des marqueurs biologiques, des analyses génétiques, ainsi que la quantité gigantesque de données cumulées dans le domaine clinique sous forme de recherches publiées permettent de comprendre les mécanismes de manifestation des différentes pathologies et d’y remédier le plus tôt possible, mais il est tellement compliqué de déterminer même avec le moins de précision possible ce qui va advenir d’un terrain physiologique.

Ceci était un problème philosophique avant qu’il ne soit un problème de santé publique. Pouvons nous prédire ce qui arrivera demain, la semaine prochaine ou les mois à venir ? La réponse est non, avec un petit mais! Un philosophe du XIXe siècle, Henri Poincaré, un philosophe qui mérite bien son titre car mathématicien de génie et grand physicien (à la différence de la médiocrité “morbide” dans laquelle s’enfoncent de plus en plus les philosophes actuels), avait réfléchit à la question et avait déjà solutionner ce problème par ses travaux sur la stabilité du système solaire. Poincaré avait renversé la théorie de Laplace, qui considérait que le système solaire était stable, en développant la théorie du chaos.

Pourquoi je vous parle de système solaire alors que quelques lignes avant on parlait de santé publique et de médecine ?

Il se trouve que la théorie du chaos a permis de comprendre tous les phénomènes rythmiques jusqu’à maintenant dues au hasard absolu sans aucune possibilité de prédiction. Alors, la théorie du chaos a été récupéré et exploité dans tous les domaines de la vie car le hasard est partout. Parmi ces domaines, la physiologie. L’application des lois du hasard (remarquez qu’avant, on n’osait même pas penser assigner une loi au hasard puisque ce dernier était la négation même de toute loi) sur la physiologie humaine afin de comprendre la signification des processus rythmiques physiologiques permet ce que toutes les découvertes faites jusqu’à aujourd’hui ne permettent pas d’envisager de faire, à savoir prédire l’avenir d’un système physiologique. Si l’on considère que la santé est un état d’équilibre dynamique entre les différentes composantes d’un même système physiologique, et qu’on ait déjà un schéma général sur le fonctionnement du régulateur de ce système (système nerveux autonome), on peut grâce à cela prédire les conditions de rupture de cet équilibre dynamique.

En gros, on peut aujourd’hui grâce à la mesure de la variabilité d’un ou plusieurs systèmes physiologiques prédire la pathogénèse d’une maladie quelconque avant même sa manifestation aiguë et même avant la rupture de cet équilibre dynamique qu’est la santé. La variabilité des systèmes rythmiques physiologiques est la médecine de demain.

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Quelle relation entre la variabilité et l’état de santé ou de forme ?

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