Carence en vitamine D chez les juives et les musulmanes ultra-orthodoxes

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Il ne s’agit pas dans cet article de faire une synthèse exhaustive des informations disponibles sur la vitamine D, encore moins de parler religion (enfin.. peut être en glisser quelques mots). Tout le monde sait qu’une bonne partie de la vitamine D bioactive est synthétisée grâce à l’exposition de certaines parties du corps au soleil ou plus exactement à certaines ondes du spectre ultraviolet notamment les ondes à basse fréquence se situant entre 290 et 315 nanomètres (1). Il existe peu d’aliments contenant des quantités significatives de vitamine D pouvant constituer des sources de base qui permettraient d’acquérir cette vitamine par l’alimentation (voir mon article à ce sujet), à tel point que certains pays fortifient leurs aliments en vitamine D (1). Il existe également la solution de la supplémentation en vitamine D. Bref, la carence en vitamine D conduit à tout un tas de maladies graves : asthme (2), accident vasculaire cérébral (3), bronchopneumopathies chroniques obstructives (4), hypertension durant la grossesse notamment (5), infections respiratoires (6), maladie de Crohn (7), cancer (8), maladies auto-immunes et maladies cardiovasculaires (9)…etc. pour n’en citer que ceux là.

Alors certains me voit, peut être, venir… Et ceux (ou plutôt celles) qui se couvrent pratiquement toutes les parties du corps lorsqu’elles sont à l’extérieur ? Elles devraient souffrir de carences en vitamine D, n’est ce pas ? et bien les études à ce sujet sont quasi nulles mais pas complètement inexistantes.

En effet, il existe quelques publications scientifiques (4 en tout, dont 3 études et une lettre) au sujet du style vestimentaire et des habitudes de vie liées à la pratique ultraorthodoxe de la religion et son influence sur le métabolisme de la vitamine D. Il faut préciser que les seules 3 études que j’ai pu trouver à ce sujet sont réalisées sur des groupes de religieux orthodoxes ou ultraorthodoxes de religion juive, et qu’il n’existe qu’une lettre publiée, destinée à l’éditeur (le niveau de preuve n’est pas au rendez-vous) et qui parle de l’effet de la tenue vestimentaire des femmes musulmanes ultraorthodoxes sur leur taux de vitamine D.

Etude 1 :

L’une des premières études a été réalisée en mai 2001 par Taha et al. à la division d’endocrinologie pédiatrique du Maimonides Medical Center (New York) (10). Les sujets de l’étude sont 50 adolescents âgés de 15 à 19 ans. Les auteurs indiquent que les adolescents de religion juive peuvent être sujets à une déminéralisation osseuse et qu’il existe une littérature scientifique mettant en relation un certain nombre de fracture observées chez cette tranche de la population et les règles religieuses très strictes observées par ces adolescents. Parmi les règles citées dans l’étude on trouve le fait que le mode de vie des juifs orthodoxes favorise les activités intellectuelles au dépend des activités physiques, le code vestimentaire a tendance à réduire la surface du corps exposée au soleil et également certaines habitudes alimentaires comme le fait que les juifs orthodoxes ne consomment pas de lait jusqu’à au moins 6 heures après ingestion de la viande, ce qui est jugé par les auteurs de l’étude comme un facteur réduisant les opportunités de tirer un bon apport en calcium. Les taux de calcium, de vitamine D sous ces deux formes : 25 OH D et 1,25 OH D, ainsi que d’autres marqueurs ont été mesurés. Les auteurs concluent que les adolescents ultra-orthodoxes de religion juive présentent une carence significative dans la densité minérale osseuse au niveau de la colonne lombaire. Cette dernière est plus marquée chez les garçons que chez les filles.

Etude 2 :

Mukamel et al. (2001) ont mené une étude (11) à propos de la relation qu’il y a entre les femmes de religion juive orthodoxes et ultraorthodoxes et les taux de vitamine D chez ces femmes. Les auteurs ont observé un risque élevé de carence en vitamine D chez cette catégorie de la population, qu’ils expliquent par leur tenue vestimentaire qui “n’expose que très peu de surface corporelle (leur peau) au soleil”. Les auteurs concluent par se poser la question de l’utilité des suppléments en vitamine D chez cette catégorie de la population.

Etude 3 :

Une autre étude (12) a été menée récemment par Tsur et al. (2011) sur l’effet des différents styles vestimentaires sur le taux de vitamine D chez des étudiants de religion juive (orthodoxes et ultraorthodoxes). Les résultats de cette étude confirment ceux des deux précédentes études (10, 11), à savoir, que le risque de carence en vitamine D est significativement élevé chez la population de religion juive ultraorthodoxe. Ces derniers sont, selon les auteurs, exposés à un risque élevé de maladies métaboliques osseuses.

Publication 4 :

Dans une lettre (13) destinée à l’Iran Journal of Public Health, Rashedi et al. (2016) exposent les risques liés à une carence en vitamine D chez les femmes de religion musulmane. Les auteurs expliquent que “…à cause de leur idéologie et leurs croyances religieuses, plusieurs femmes musulmanes couvrent la plus grande partie de leur corps… et dans certains cas… elles couvrent également leurs mains et leurs visages… dans ces cas extrêmes leur corps est privé de soleil et de vitamine D”. Les auteurs concluent qu’en cas d’absence de mesures nutritionnelles et de préparations complémentaires riches en vitamine D, elles seront exposées à un risque élevé de carence en vitamine D.

CONCLUSION:

La vitamine D est essentielle afin de prévenir beaucoup de maladies graves et afin d’assurer un fonctionnement métabolique optimal. Les préceptes religieux quels qu’ils soient ne doivent en aucun cas constitués un danger pour la santé de ceux qui les pratiquent. Le cas de la vitamine D en est un bon exemple. A bon entendeur.

Ps : Aussi bizarre que cela puisse paraître, la photo présentée dans cet article n’est pas celle d’une musulmane. Je vous laisse découvrir la religion de cette femme directement à partir de la source (suivez ce lien)

Références :

1. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23001438

2. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27987538

3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27975188

4. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27925404

5. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27769995

6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27178217

7. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28025175

8. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16380576

9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23542507

10. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11331729

11. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11433634

12. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21110005

13. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5139976

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