Comment la restriction alimentaire ralentit le vieillissement cérébral et prolonge la durée de vie

La restriction alimentaire est depuis longtemps associée à une amélioration de la santé et à une augmentation de la durée de vie, mais les mécanismes complexes sous-jacents, en particulier en ce qui concerne la protection du cerveau, sont restés insaisissables. Dans une étude révolutionnaire, des scientifiques du Buck Institute for Research on Aging ont identifié un rôle pivot joué par le gène OXR1 dans l’extension de la durée de vie par le biais de la restriction alimentaire, éclairant les mécanismes qui protègent le cerveau et présentant des cibles thérapeutiques potentielles pour le vieillissement et les maladies neurodégénératives liées à l’âge.

La révélation de l’OXR1 :

Publiée le 11 janvier 2024 dans Nature Communications, l’étude présente le gène OXR1 comme un acteur clé des effets positifs de la restriction alimentaire. Le Dr Kenneth Wilson, post-doctorant au Buck Institute et premier auteur de l’étude, souligne l’importance de l’OXR1, en insistant sur son rôle crucial dans la santé du cerveau. Contrairement à l’idée reçue, l’étude révèle que lorsque les individus restreignent leur apport alimentaire, cela influence directement ce gène essentiel, remettant en question l’idée conventionnelle selon laquelle les changements alimentaires affectent principalement le tractus digestif ou l’accumulation de graisse.

La neuroprotection dévoilée :

La recherche établit non seulement le lien entre la restriction alimentaire et le gène OXR1, mais dévoile également un mécanisme cellulaire détaillé démontrant comment cette pratique peut retarder le vieillissement et ralentir la progression des maladies neurodégénératives. Menée à l’aide de mouches des fruits et de cellules humaines, l’étude identifie une réponse spécifique aux neurones qui médie la neuroprotection induite par la restriction alimentaire.

Le jeûne intermittent et la restriction calorique comme stratégies :

Le professeur Pankaj Kapahi du Buck Institute souligne l’importance de stratégies telles que le jeûne intermittent ou la restriction calorique, qui limitent les nutriments, dans l’amélioration des niveaux du gène OXR1. Selon la recherche, ces pratiques pourraient potentiellement médier les effets protecteurs contre le vieillissement et les maladies neurodégénératives liées à l’âge.

OXR1 et la voie du rétromère :

L’étude explore le rôle de l’OXR1 dans l’affectation du rétromère, un complexe responsable du recyclage des protéines cellulaires et des lipides. Cette voie, cruciale dans les neurones, détermine le destin de toutes les protéines introduites dans la cellule. La dysfonction du rétromère a été liée à des maladies neurodégénératives liées à l’âge, notamment la maladie d’Alzheimer et de Parkinson, toutes deux protégées par la restriction alimentaire.

Implications pour l’extension de la durée de vie :

Les chercheurs, grâce à des tests approfondis, concluent que l’OXR1 préserve la fonction du rétromère, influençant l’activité neuronale, le vieillissement sain du cerveau et l’extension globale de la durée de vie observée avec la restriction alimentaire. La professeure Lisa Ellerby, co-senior auteur de l’étude, souligne le rôle du gène en tant que facteur de résilience cérébrale essentiel contre le vieillissement et les maladies neurologiques.

Prochaines étapes et perspectives :

Dans la poursuite de leurs travaux, l’équipe de recherche vise à identifier des composés spécifiques qui peuvent augmenter les niveaux d’OXR1 pendant le vieillissement, retardant potentiellement le vieillissement cérébral. Le Dr Wilson suggère que cette démarche pourrait fournir des informations sur les raisons pour lesquelles nos cerveaux dégénèrent initialement. L’étude conclut en appelant à la promotion d’une alimentation saine, soulignant que ce que l’on mange a des répercussions sur divers processus dans le corps, soutenant les efforts plus vastes visant à comprendre et à combattre la dégénérescence liée à l’âge.

En conclusion, la recherche révolutionnaire du Buck Institute ouvre de nouvelles voies pour comprendre la relation complexe entre l’alimentation, la génétique et la santé du cerveau, offrant de l’espoir pour des interventions thérapeutiques futures contre le vieillissement et les maladies neurodégénératives.

Source : https://www.buckinstitute.org/news/buck-scientists-identify-how-dietary-restriction-slows-brain-aging-increases-lifespan/

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