La santé de la peau ou comment prendre soin de sa santé

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Cet article montre à quel point la santé de la peau et la santé tout court sont synonymes. Il est aux antipodes de ce que prêchent les prophètes de l’anti-âge.

Il a été dit que nous sommes ce que nous mangeons, et cette affirmation est certainement vraie quand il s’agit de notre peau. C’est le plus grand organe du corps, et il mérite tout l’intérêt nutritionnel que nous pouvons lui accorder. Alors soyez conscient de ce que vous avalez, car votre peau est à l’image de votre alimentation.

Pourquoi ?

Je disais dans de précédents articles que nous sommes d’abord ce que nos ancêtres ont mangés et nous ne sommes que secondairement ce que nous mangeons. Ceci est vrai génétiquement et métaboliquement parlant. Mais lorsqu’il s’agit de la peau, notre alimentation pourrait avoir un impact à très court terme, voire dans l’immédiat. La peau est un émonctoire à double fonction qui sert à la fois à éliminer les molécules lipophiles et hydrophiles. En général, c’est le complexe foie-vésicule-biliaire-intestin qui sert comme émonctoire lipophile et le complexe reins-vessie comme émonctoire hydrophile. La peau n’intervient que dans un second temps lorsque ces deux complexes d’élimination sont dépassés. Grâce aux glandes sudoripares (hydrophiles) et sébacées (lipophiles), la peau joue un rôle majeur dans l’élimination. Elle est notamment le siège de réactions allergiques, et de manifestations cutanées de tout genre, témoignant d’une carence, d’un excès, d’une intolérance, d’un état d’inflammation chronique…etc. Ce qui lui confère un rôle clinique très important. Si votre alimentation n’est pas adaptée (avec tout ce que ce mot pourrait renfermer comme sens), cela se manifestera certainement sur votre peau.

Régulation autonome du tissu cutané :

Etant un émonctoire et un protecteur extérieur, la peau est le seul organe innervé exclusivement par la composante sympathique du système nerveux autonome (1). Il n’y a pas la moindre terminaison nerveuse parasympathique au sein du tissu cutané (2). Ceci est en parfaite concordance avec les fonctions de la peau : l’élimination qui nécessite une activation catabolique donc sympathique, et la protection qui nécessite une action de défense, de retrait, de dégagement et d’inflammation, donc sympathique également. On peut observer l’activité sympathique grâce à la mesure de l’activité électrodermale (résistance et conductance).

La détente et le retour à l’état normal du tissu cutané se fait passivement. Il n’y a pas de système nerveux dédié à ce processus. La peau se régénère passivement à l’image d’un élastique qui regagne sa position initiale après un étirement. Ceci rend très important le fait de prendre soin de sa peau afin de ne pas empêcher les phénomènes de régénération passive de se mettre en place (1, 2).

Aspects nutritionnels :

1- La vitamine A :

L’une des composantes les plus importantes de la santé de la peau est la vitamine A (3, 4, 5, 6), et probablement une des meilleures sources de cette vitamine sont les produits laitiers (fermentés) (7, 8). Il ne serait même pas exagéré de dire que la santé de notre peau dépend de la vitamine A. Le yaourt naturel est non seulement riche en vitamine A (9), mais aussi en acidophilus, très bonne pour la santé intestinale. Il s’avère que même ces bactéries peuvent également avoir un impact (indirect) sur la peau, car ils aident à la digestion et maintiennent en bonne santé l’intestin qui fait partie du complexe d’élimination lipophile. D’autres bonnes sources de vitamine A comprennent l’huile de foie de morue, les patates douces, les carottes, les légumes à feuilles et les céréales complètes.

Antioxydants :

Il est important de s’assurer également d’un apport suffisant en aliments riches en antioxydants, comme les mûres, les bleuets, les fraises et les prunes. Les avantages de ces aliments pour une peau saine sont abondants (10, 11, 12), parmi lesquels on trouve, la préservation d’un aspect sain et jeune de la peau entre autres. Cela à son tour protège contre le vieillissement prématuré, et maintient la peau plus jeune. D’autres fruits et légumes sont riches en antioxydants notamment : les artichauts, les haricots noirs et rouges, les pruneaux, les agrumes et les végétaux de couleurs rouges, violette, orange en général.

Acides gras essentiels et vitamine E :

Les acides gras essentiels (AGE) et la vitamine E se trouvent dans le saumon, les noix, l’huile de canola, l’huile d’olive, les graines de lin et les oléagineux en général. Le fonctionnement des AGE et de la vitamine E est étroitement lié. Ils maintiennent les membranes cellulaires en bonne santé et permettent le passage des nutriments. Sans parler du fait que la vitamine E est un antioxydant non enzymatique très puissant et ses vertus sur la santé de la peau ne sont plus à démontrer (13, 14, 15, 16, 17).

Nous avons besoin d’huiles saines, qui contiennent un maximum d’acides gras essentiels qui sont de réels alliés pour la santé de la peau (18, 19). Consommer des huiles de bonne qualité contribue à garder la peau hydratée, lubrifiée et à se sentir globalement plus sain. Recherchez plutôt des huiles qui sont pressées à froid, comme l’huile d’olive qui doit être extravierge de première pression à froid et à goût légèrement poivré. Nous avons seulement besoin d’environ deux cuillères à soupe par jour d’huiles saines, donc utilisez les judicieusement.

Sélénium :

Le sélénium joue un rôle important dans la santé des cellules de la peau (20, 21). Privilégiez des aliments comme le pain de blé entier, les muffins et les céréales, la dinde, le thon et les noix du Brésil pour ce micronutriment important. Des études récentes montrent que si les niveaux de sélénium sont élevés (dans les limites tolérables bien entendu), la peau exposée au soleil sera nettement plus protégée que celle d’un individu ayant des niveaux faibles ou moyens de sélénium (22).

Anti-inflammatoires naturels :

Tout ce qui réduit l’inflammation silencieuse est bon pour la peau car l’inflammation silencieuse, lorsqu’elle est chronique, est le processus métabolique qui produit le plus d’éléments toxiques et qui consomme le plus d’énergie (23, 24, 25).

Afin d’éviter au maximum le rôle pro-inflammatoires de l’insuline, choisir des grains entiers peut avoir un effet significatif sur la réduction de l’intensité des pics d’insuline. Les sucres transformés et raffinés peuvent provoquer une inflammation silencieuse qui pourrait devenir chronique et qui pourrait finalement être nocive pour la peau (26, 27, 28, 29).

Le thé vert a des propriétés anti-inflammatoires. Il protège la membrane de la cellule et il peut même aider à prévenir ou à réduire les risques de cancer de la peau (30, 31, 32, 33, 34).

L’eau :

L’eau joue un rôle important dans l’équilibre électrolytique, et elle a par conséquent un effet déterminant sur la santé de votre peau. Une peau bien hydratée est relativement plus saine et jeune. L’eau aide également à déplacer et d’éliminer les toxines de l’organisme afin qu’ils aient moins de chance de provoquer des dégâts.

CONCLUSION :

Vous avez certainement compris que préserver sa peau passe par la préservation de sa santé car la peau est le miroir du métabolisme. Il n’y a donc pas de potion magique ou de formule miracle qui permettrait de transformer votre peau et de lui rendre une jeunesse éclatante comme le défendent si bien les médecins « marketeurs » prophètes de l’anti-âge (du moins ce n’est pas aussi simple), si ce n’est de passer un joli coup de peinture sur un organisme à la limite de l’agonie.

Références :

1. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25799052

2. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27731900

3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17515510

4. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17576350

5. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23438139

6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24821234

7. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11813084

8. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12723921

9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20715906

10. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27799805

11. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26800366

12. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26583073

13. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23691100

14. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19468787

15. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18262176

16. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11598436

17. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9257121

18. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26861407

19. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25840632

20. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22859661

21. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23990734

22. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25460360

23. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27633550

24. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27226090

25. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27717961

26. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27706502

27. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26783329

28. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26782292

29. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26180773

30. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24096034

31. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21094124

32. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19556855

33. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19369929

34. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17049833

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