Quand l’excès de purines alimente inflammation et déséquilibre métabolique
Les purines sont des composants essentiels de l’ADN, de l’ARN et des molécules énergétiques comme l’ATP. Toutefois, leur dégradation excessive ou mal régulée entraîne une production accrue d’acide urique. Ce dérèglement du métabolisme des purines peut favoriser l’inflammation articulaire et contribuer à des troubles métaboliques systémiques.
Introduction
Le métabolisme des purines repose sur un équilibre entre synthèse, recyclage (voie de sauvetage) et dégradation. Lorsque cet équilibre est rompu — par excès d’apports, hyperproduction endogène ou défaut d’élimination — l’accumulation d’acide urique devient pathologique.
Physiologie du métabolisme des purines
Les purines proviennent :
- de l’alimentation (viandes, abats, certains poissons)
- du renouvellement cellulaire
- de la synthèse hépatique endogène
Elles sont dégradées en acide urique, principalement éliminé par les reins.
Hyperuricémie et inflammation articulaire
Lorsque l’acide urique dépasse sa solubilité plasmatique :
- formation de cristaux d’urate monosodique
- dépôt dans les articulations
- activation du système immunitaire inné
- libération de cytokines pro-inflammatoires
- crises inflammatoires aiguës
Ce mécanisme est à l’origine des épisodes inflammatoires typiques de la goutte.
Lien avec le métabolisme énergétique
Un excès de purines est souvent associé à :
- surcharge en fructose
- résistance à l’insuline
- dysfonction mitochondriale
- stress oxydatif
L’acide urique agit à la fois comme antioxydant circulant et comme pro-oxydant intracellulaire, selon le contexte.
Facteurs favorisant le dérèglement
Plusieurs conditions augmentent le risque :
- alimentation riche en purines ou en fructose
- obésité et syndrome métabolique
- insuffisance rénale
- déshydratation chronique
- inflammation de bas grade
Le dérèglement s’inscrit souvent dans un terrain métabolique global perturbé.
Conséquences systémiques
Au-delà des articulations, l’hyperuricémie est associée à :
- hypertension
- maladie cardiovasculaire
- stéatose hépatique
- altération endothéliale
- progression du syndrome métabolique
Elle devient un marqueur et un amplificateur du déséquilibre métabolique.
Conclusion
Le dérèglement du métabolisme des purines ne se limite pas aux crises articulaires. En favorisant l’accumulation d’acide urique, il entretient inflammation, stress oxydatif et dysfonction métabolique. Comprendre et corriger ce déséquilibre constitue un levier important pour la prévention des troubles articulaires et cardiovasculaires.
Références
- Dalbeth N et al. Gout. Lancet.
- Johnson RJ et al. Uric acid and metabolic syndrome. Nat Rev Nephrol.
- Choi HK et al. Purine-rich foods and risk of gout. N Engl J Med.
- Sautin YY, Johnson RJ. Uric acid: the oxidant–antioxidant paradox. Nucleosides Nucleotides Nucleic Acids.
- Feig DI et al. Uric acid and cardiovascular risk. N Engl J Med.
