Les acides gras polyinsaturés oméga-3 et oméga-6 sont des constituants essentiels des membranes cellulaires et des précurseurs de médiateurs lipidiques impliqués dans l’inflammation, l’immunité et la signalisation cellulaire. Ce n’est pas leur présence isolée qui conditionne la santé métabolique, mais l’équilibre entre ces deux familles. Une altération chronique du ratio oméga-3/oméga-6 est aujourd’hui reconnue comme un facteur favorisant l’inflammation de bas grade et plusieurs pathologies métaboliques.
1. Rôle biologique des oméga-3 et des oméga-6
Les oméga-6, principalement représentés par l’acide linoléique et l’acide arachidonique, participent à la croissance cellulaire et à la réponse inflammatoire normale.
Les oméga-3, notamment l’EPA et le DHA, interviennent dans :
- la fluidité des membranes cellulaires,
- la régulation de la réponse inflammatoire,
- le fonctionnement du système nerveux,
- la modulation de l’immunité.
Ces deux familles sont indispensables et physiologiquement complémentaires.
2. Le ratio oméga-3/oméga-6 comme marqueur fonctionnel
Dans un contexte physiologique, le ratio oméga-6/oméga-3 est relativement équilibré. Les régimes modernes se caractérisent par :
- une augmentation importante des apports en oméga-6,
- une diminution relative des apports en oméga-3,
- une modification de la composition lipidique des membranes cellulaires.
Ce déséquilibre modifie la production d’eicosanoïdes et de médiateurs lipidiques.
3. Conséquences inflammatoires et métaboliques
Un ratio oméga-6/oméga-3 excessivement élevé favorise :
- une production accrue de médiateurs pro-inflammatoires,
- une rigidification des membranes cellulaires,
- une altération de la signalisation hormonale,
- une activation persistante de l’immunité innée.
Ces mécanismes sont impliqués dans l’inflammation chronique de bas grade.
4. Impact sur le système cardiovasculaire et métabolique
L’altération du ratio oméga-3/oméga-6 est associée à :
- une dysfonction endothéliale,
- une altération du métabolisme lipidique,
- une résistance à l’insuline,
- un risque accru de maladies cardiovasculaires.
La composition lipidique membranaire influence directement la sensibilité des récepteurs et la transmission des signaux cellulaires.
5. Effets sur le système nerveux et l’immunité
Le DHA est un composant majeur des membranes neuronales. Un déficit relatif en oméga-3 peut modifier :
- la neurotransmission,
- la plasticité synaptique,
- la régulation neuro-inflammatoire.
Parallèlement, un excès relatif d’oméga-6 peut amplifier les réponses inflammatoires immunitaires.
Conclusion
L’altération du ratio oméga-3/oméga-6 ne relève pas d’un excès ou d’un déficit isolé, mais d’un déséquilibre fonctionnel aux conséquences systémiques. Ce déséquilibre influence la structure des membranes cellulaires, la signalisation inflammatoire et la régulation métabolique. Il constitue un marqueur clé de l’inflammation chronique et des dérèglements métaboliques modernes.
Références
- Simopoulos AP. The importance of the omega-6/omega-3 fatty acid ratio in cardiovascular disease and other chronic diseases. Exp Biol Med.
- Calder PC. Omega-3 fatty acids and inflammatory processes. Nutrients.
- Harris WS et al. Omega-6 fatty acids and risk for cardiovascular disease. Circulation.
- Innes JK, Calder PC. Omega-6 fatty acids and inflammation. Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids.
- Lands WE. Dietary fat and health: the evidence and the politics of prevention. Ann Nutr Metab.
