La glutamine est essentielle à la réparation intestinale et à l’immunité.
La glutamine est l’acide aminé le plus abondant dans le sang et dans les muscles. Elle sert de carburant principal aux cellules de l’intestin et du système immunitaire. En situation de stress, de maladie ou d’inflammation, les besoins augmentent fortement, ce qui peut conduire à une carence fonctionnelle même si l’alimentation paraît suffisante.
1. Rôle central de la glutamine dans l’intestin
Les entérocytes (cellules de la muqueuse intestinale) utilisent la glutamine comme source d’énergie prioritaire, avant même le glucose.
Fonctions majeures :
- maintien de l’intégrité de la muqueuse
- stimulation du renouvellement cellulaire intestinal
- soutien de la production de mucus protecteur
- limitation du passage de toxines et bactéries vers le sang
Une carence peut favoriser :
- amincissement de la muqueuse
- augmentation de la perméabilité intestinale
- activation immunitaire chronique
Ce mécanisme relie directement déficit en glutamine et inflammation systémique de bas grade.
2. Glutamine et système immunitaire
Les cellules immunitaires à renouvellement rapide (lymphocytes, macrophages, neutrophiles) consomment de grandes quantités de glutamine.
Elle intervient dans :
- la prolifération des lymphocytes
- la production de cytokines
- la phagocytose
- la défense contre les infections
Lorsque la glutamine devient insuffisante :
- la réponse immunitaire ralentit
- la susceptibilité aux infections augmente
- la récupération après maladie ou chirurgie est plus lente
Dans ce contexte, la carence est davantage fonctionnelle que nutritionnelle, liée à une consommation excessive par l’organisme.
3. Conséquences métaboliques et musculaires
La glutamine est stockée majoritairement dans les muscles, qui servent de réservoir pour alimenter les organes vitaux en période de stress.
En cas de déficit prolongé :
- augmentation du catabolisme musculaire
- baisse de la synthèse protéique
- fatigue persistante
- récupération physique réduite
Elle participe également à l’équilibre acido-basique et au transport de l’azote, ce qui influence le métabolisme global et la tolérance à l’effort.
4. Situations à risque de carence
Certaines conditions augmentent fortement la consommation de glutamine :
- infections chroniques
- inflammation intestinale
- chirurgie, brûlures, traumatismes
- stress psychologique prolongé
- entraînement physique intense
- maladies métaboliques
Dans ces situations, la production endogène et les apports alimentaires peuvent devenir insuffisants par rapport aux besoins tissulaires.
5. Interaction avec le microbiote et l’inflammation
La glutamine influence indirectement la composition du microbiote en améliorant la barrière intestinale.
Effets observés :
- réduction de la translocation bactérienne
- diminution de la production de toxines inflammatoires
- amélioration de la tolérance immunitaire locale
Un déficit favorise un cercle vicieux :
barrière fragilisée → dysbiose → inflammation → augmentation des besoins en glutamine.
Conclusion
La glutamine joue un rôle stratégique dans la protection de la muqueuse intestinale, la compétence immunitaire et la préservation de la masse musculaire. Une carence, souvent fonctionnelle et liée au stress métabolique, peut contribuer à la perméabilité intestinale, à l’inflammation chronique et à la fatigue persistante. Son statut dépend moins de l’apport alimentaire que de l’équilibre entre production, stockage musculaire et consommation par les tissus à renouvellement rapide.
Références
- Newsholme P et al. Glutamine metabolism in lymphocytes: its biochemical, physiological and clinical importance, QJM
- Kim MH, Kim H. The roles of glutamine in the intestine and its implication in intestinal diseases, Int J Mol Sci
- Cruzat V et al. Glutamine: metabolism and immune function, supplementation and clinical translation, Nutrients
- Wang B et al. Glutamine and intestinal barrier function, Amino Acids
- Curi R et al. Regulatory principles of glutamine metabolism in immune cells, J Nutr
