Un régime riche en sodium et pauvre en potassium peut augmenter le risque de déclin cognitif.


La démence altère la capacité des personnes atteintes à se souvenir, à réfléchir et à prendre des décisions, au point d’affecter leurs activités quotidiennes. Cette maladie est devenue l’une des principales causes de décès et d’invalidité chez les personnes âgées dans le monde. Comme la Chine abrite non seulement la plus grande population âgée, mais aussi l’un des pays où le vieillissement est le plus rapide, la démence pose de grands défis économiques, sanitaires et sociaux au pays.

La démence est irréversible et il n’existe pas de traitement efficace, ce qui rend la prévention et la détection précoce des fonctions cognitives liées à l’âge vitales. La recherche a montré que plusieurs choix de mode de vie sont liés à la fonction cognitive, par exemple l’activité physique, le régime alimentaire et le sommeil. Cependant, les effets du sodium et du potassium alimentaires sur la fonction cognitive n’ont pas été étudiés en détail.

Dans une étude prospective publiée dans la revue KeAi Global Transitions, un groupe de chercheurs chinois a examiné l’impact du sodium alimentaire, du potassium, du rapport sodium/potassium et du sel sur la fonction cognitive d’un groupe de personnes âgées en Chine. Les participants étaient au nombre de 4 213 et étaient âgés d’au moins 50 ans au départ. Les résultats sont basés sur des tests cognitifs et sur l’auto-déclaration des participants.

L’équipe de recherche a constaté qu’un apport élevé en sodium (> 5593,2 mg/jour) et un rapport sodium/potassium élevé (> 3,8/jour) augmentaient le risque de troubles de la mémoire chez les personnes âgées. À l’inverse, des niveaux plus élevés d’apport en potassium (> 1653,3 mg/jour) étaient associés à un score cognitif plus élevé ; le score moyen aux tests cognitifs (13,44 au départ, score total de 27,00) augmentait d’environ 1 point lorsque 1000 mg/jour de sodium étaient remplacés par un apport égal en potassium. En outre, les chercheurs se sont appuyés sur des études antérieures pour démontrer que les effets du sodium alimentaire, du rapport sodium/potassium et du potassium sur la fonction cognitive peuvent être médiés par les maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires (CCVD), tandis que le lien entre le sel et la fonction cognitive peut être médié par le sommeil.

Bien que la Chine s’efforce depuis plus de dix ans de limiter la quantité de sel et de sodium dans l’alimentation de la population, l’apport de cette dernière reste alarmant, dépassant celui de nombreux autres pays et la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé qui préconise un maximum de 1400 mg/jour de sodium pour les personnes âgées de 50 à 79 ans et 5 g/jour de sel. Cette consommation élevée de sel s’accompagne généralement d’une consommation insuffisante de potassium (1499,0 mg/jour dans cette étude contre 3600 mg/jour dans la recommandation chinoise).

Les résultats de l’étude confirment également les conclusions précédentes selon lesquelles le rapport entre le sodium et le potassium alimentaires pourrait fournir une meilleure mesure de l’impact de ces éléments sur la fonction cognitive, que l’examen des valeurs séparées de sodium ou de potassium.

Source :https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S2589791822000111

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