Place de la micronutrition dans la prise en charge du glaucome


La micronutrition est un domaine en plein essor en ophtalmologie.

Après la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), il semblerait que la surface oculaire et peut-être aussi le glaucome puissent bénéficier de modifications
du régime alimentaire. Parmi les très nombreux éléments fondamentaux qui composent notre régime, les lipides,
et en particulier les acides gras, sont de plus en plus étudiés en recherche clinique comme en recherche fondamentale. À l’instar des maladies cardiovasculaires où le rôle bénéfique de certains acides gras essentiels a été démontré, certaines études tendent à prouver l’influence de ces éléments nutritionnels sur la pression intra-oculaire (PIO), mais aussi sur le risque de développer un glaucome.

En fonction des régimes alimentaires, et en particulier en

fonction de la consommation des AGPI, on a pu observer
les effets sur la santé des individus. L’influence des oméga-3 a été évoquée de façon plus ou moins spéculative dans des études épidémiologiques ou interventionnelles portant sur plusieurs affections dégénératives et en particulier dans la DMLA. Une vaste étude épidémiologique de Seddon et al. en 2001 a étudié l’association entre la DMLA et la consommation de différentes graisses. Ces auteurs ont pu observer qu’une consommation importante d’oméga-3, et faible en oméga-6, permettait de diminuer le risque relatif de développer une DMLA
Les études où se rejoignent les aspects génétiques et épidémiologiques sont encore plus intéressantes. Chez des
jumeaux, il a été possible d’étudier conjointement ces deux
aspects, et il est apparu que plus on consommait d’oméga-3,
plus on diminuait le risque de développer une DMLA.
À partir de ces résultats, on est arrivé à des recommandations dans le domaine de la DMLA. Pour la population
générale, il convient de favoriser l’équilibre du régime
oméga-3/oméga-6 à 1/5. Pour la population à risque,
l’équilibre doit se faire autour du même rapport et doit
s’associer à la suppression des autres facteurs de risque
comme le tabac.
Enfin, les pathologies de la surface oculaire semblent
également pouvoir bénéficier de la micronutrition.Compte tenu du rôle de ces acides gras dans la voie des prostaglandines, leur rôle anti-inflammatoire pourrait être à l’origine de ces effets.

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