Micronutriments et choix alimentaires : Un cas de ” sagesse nutritionnelle ” chez l’homme ?


De nombreux rapports montrent que les animaux non humains ont la capacité de sélectionner les aliments en fonction de leur composition en micronutriments. Cependant, il n’est pas clair si les humains ont également cette capacité, et les chercheurs manquent de méthodes appropriées pour étudier cette question. Pour relever ce défi, nous avons mis au point une approche qui permet d’obtenir des preuves à partir de modèles de choix dans une gamme d’images d’aliments. Dans deux études (étude 1, N = 45 ; étude 2, N = 83), des adultes ont choisi l’une des deux paires de fruits et légumes dans une série d’essais (N = 210). Conformément à la recherche de variété, ils ont préféré les paires “variées” aux paires “monotones” (les paires d’aliments identiques étaient moins attrayantes). Cependant, même après avoir contrôlé les connaissances nutritionnelles explicites (étude 2) et la densité énergétique des aliments (études 1 et 2), nous avons observé une tendance significative à choisir les paires qui offraient : i) un apport total en micronutriments plus important et ii) une plus grande “complémentarité des micronutriments” (CM), c’est-à-dire un éventail plus large de micronutriments. Dans une analyse distincte, un schéma similaire a été observé dans des repas à deux composants (par exemple, steak et frites) tirés d’une grande enquête nationale sur la nutrition au Royaume-Uni (1086 enregistrements). Plus précisément, le MC de ces repas était supérieur à ce que l’on aurait pu prévoir par hasard (p < 0,0001) et lorsqu’un repas fournissait un excès de micronutriments (>100 % de la quantité quotidienne recommandée), cela se produisait moins souvent que par hasard (p < 0,0001), c’est-à-dire que la ” redondance des micronutriments ” était évitée. Ensemble, ces travaux fournissent de nouvelles preuves que la composition en micronutriments influence le choix des aliments (une forme de ” sagesse nutritionnelle “) et soulèvent la question de savoir si les besoins nutritionnels sont autrement satisfaits par la ” recherche de variété ” alimentaire. Ils révèlent également la possibilité d’une complexité dans la prise de décision alimentaire humaine qui n’a pas été reconnue auparavant.

“Nous pensons avoir mis au point une technique qui peut aider à répondre à ces questions importantes. Dans le débat séculaire entre le scientifique et la vieille vache, la vieille vache n’a pas encore le dernier mot. Mais pour l’instant, au moins, elle a le dernier mot.”

Source :https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0195666322001465

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