Chicorée : Comprendre les effets et les effecteurs de cet aliment fonctionnel


La chicorée en tant qu’aliment fonctionnel a été étudiée sous forme de racine, transformée en farine, pour une utilisation en pâtisserie ou boulangerie, ou plus généralement dans l’industrie alimentaire. Pour identifier les principales molécules effectrices de la chicorée, nous avons scindé la composition de cette farine en plusieurs classes de molécules. L’inuline, principal composant de la racine de chicorée, a déjà fait l’objet d’études, montrant son effet exclusivement prébiotique [2].


Dans ce travail, le fructose, le CGA et le STL ont été testés en administration quotidienne chez la souris, et un ensemble d’analyses ont été réalisées. Le profil d’expression génique des animaux expérimentaux, suivant les différents régimes, a indiqué plusieurs fonctions biologiques dérégulées, conduisant à plusieurs effets santé putatifs : effet anticancéreux, anti-inflammatoire, antimicrobien, et effet métabolique concernant la biosynthèse des acides biliaires, le métabolisme des lipides et des glucides, la régulation de l’appétit et l’absorption intestinale. Un effet régulateur a également été observé dans de nombreux gènes affectant le développement neuronal et sensoriel, suggérant une régulation de l’homéostasie énergétique. En outre, des effets anti-xénobiotiques et antioxydants ont également été observés. Tous ces effets semblent similaires dans les trois différents tissus analysés, même si des gènes différents semblent gouverner ces réponses dans chaque tissu.


Ces effets ont ensuite été reconnus par des analyses complémentaires in vivo, comme le dosage hormonal, et aussi par des analyses in vitro sur des cellules en culture ou sur des essais acellulaires, pour mettre en évidence les effets apoptotiques, anti-inflammatoires et antioxydants. Une analyse métagénomique ciblée sur l’ARN 16S a complété le panel des effets sur la santé de la farine de chicorée et de ses composants, et a montré le rôle du fructose, du CGA et du STL dans le développement de plusieurs producteurs d’AGCS, avec un rôle psychobiotique, des bactéries avec un rôle hypolipidémique, hépatoprotecteur et aussi hypotenseur.Ainsi, notre étude a explicitement ciblé ces effets sur l’expression des gènes, la libération d’hormones et les modifications du microbiote et a mis en évidence le rôle de différentes molécules effectrices contenues dans les racines de chicorée : fructose, CGA et STL. Toutes ces réponses sont résumées dans la figure 10 et le fichier S8. Le fructose semble être le plus impliqué dans ces activités, contribuant à environ 83% de toutes les réponses enregistrées. Près de la moitié des effets du fructose ont été observés au niveau du métabolisme et de la régulation de l’appétit dans le cerveau. Le CGA et le STL ont montré un rôle spécifique pour tous les différents effets, avec une contribution estimée à 23 et 24 %, respectivement.

D’autres études sont certainement nécessaires pour tester le rôle d’autres classes de molécules, ainsi que le rôle défini de la matrice alimentaire. La sélection du génotype de la chicorée et/ou l’outil CRISPR-Cas9 [111] devraient pouvoir nous guider encore plus rapidement dans le décryptage complet des différents effets et effecteurs de la farine de chicorée sur la santé.

Source et détails :https://www.mdpi.com/2072-6643/14/5/957/htm

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