L’impact de l’épigénétique sur les niveaux de vitamine D

La vitamine D est un nutriment essentiel pour notre santé, jouant un rôle crucial dans le maintien de nos os, la fonction immunitaire et la régulation génique. Nos niveaux de vitamine D peuvent varier en fonction de plusieurs facteurs, tels que l’exposition au soleil, notre alimentation et même notre patrimoine génétique. Cependant, des recherches récentes ont révélé un autre élément qui peut influencer nos niveaux de vitamine D : les modifications épigénétiques des gènes impliqués dans son métabolisme.

Une revue systématique menée par Ali Forouhari et son équipe a examiné l’association entre ces modifications épigénétiques et les niveaux de vitamine D. Cette revue, basée sur des études publiées jusqu’à décembre 2020, a permis de mieux comprendre l’impact de l’épigénétique sur cette vitamine essentielle.

Pour réaliser cette revue, les chercheurs ont effectué une recherche approfondie dans les bases de données Medline (PubMed), Scopus et Web of Science. Ils ont inclus des articles originaux qui étudiaient les altérations épigénétiques des gènes impliqués dans la régulation de la vitamine D. Plus précisément, ils se sont concentrés sur les niveaux de méthylation de ces gènes et leur corrélation avec les niveaux sériques de vitamine D. La qualité des articles a été évaluée en utilisant les critères du National Institutes of Health (NIH).

Après avoir passé en revue un total de 2566 articles, neuf rapports ont été inclus dans cette revue systématique, en respectant les critères prédéfinis. Ces études ont examiné le rôle de la méthylation des gènes CYP2R1, CYP27B1, CYP24A1 et du récepteur de la vitamine D (VDR) dans la variation des niveaux de vitamine D.

Les résultats suggèrent que la méthylation du gène CYP2R1 pourrait réguler les facteurs influençant les niveaux sériques de vitamine D et même prédire la réponse à la supplémentation en vitamine D. De plus, une méthylation altérée du gène CYP24A1 a été observée en réponse à des niveaux élevés de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D), un marqueur du statut de vitamine D. De manière intéressante, il a été constaté que l’association entre les niveaux de méthylation des gènes CYP2R1, CYP24A1 et VDR et les niveaux de 25(OH)D n’était pas affectée par la disponibilité des donneurs de méthyle.

Cette revue systématique met en évidence l’importance de prendre en compte les modifications épigénétiques pour comprendre les niveaux de vitamine D dans notre organisme. Les résultats suggèrent que ces modifications jouent un rôle significatif dans la variation des niveaux de vitamine D observée entre les

populations. Comprendre ces mécanismes épigénétiques pourrait ouvrir la voie à des approches personnalisées pour optimiser les niveaux de vitamine D et les stratégies de supplémentation.

Il convient de noter que cette revue se limite aux études publiées jusqu’à décembre 2020. Des recherches supplémentaires, y compris des essais cliniques à grande échelle impliquant différentes ethnies, sont nécessaires pour confirmer et approfondir ces résultats. Cela nous permettra d’acquérir une compréhension plus complète de l’impact de l’épigénétique sur la variation de la réponse à la vitamine D et ses implications pour notre santé.

En conclusion, cette revue systématique souligne l’importance des facteurs épigénétiques dans la régulation des niveaux de vitamine D. Elle ouvre également des perspectives prometteuses pour la recherche future et les applications cliniques, notamment dans le domaine de la médecine personnalisée.

Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37322552/

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