Les polyphénols de la canneberge : Effets bénéfiques potentiels contre la carie dentaire et la maladie parodontale

Dans cette étude, il a été démontré que les composants de la canneberge pourraient avoir un effet bénéfique contre la carie dentaire en inhibant la production d’acides organiques par les bactéries cariogènes, la formation du biofim par S.

mutans et S. sobrinus, de même que l’adhérence et la coagrégation d’un nombre considérable d’espèces de streptocoques buccaux.
Dans cette étude, les auteurs ont démontré que la fraction NDM inhibait de 80 % à 95 % la formation du biofilm chez les streptocoques à l’étude (S. sobrinus, S. mutans, Streptococcus criceti, Streptococcus sanguinis, Streptococcus oralis et Streptococcus mitis).

Les polyphénols de la canneberge, plus spécifiquement les proanthocyanidines présentes dans la fraction NDM isolée à partir du jus de canneberge, semblent démontrer un potentiel intéressant pour la prévention et/ou le traitement de la carie dentaire et de la maladie parodontale. Toutefois, les résultats obtenus in vitro sont difficilement transposables à une situation in vivo, où l’environnement buccal pourrait interférer avec les propriétés biologiques de ces molécules. Outre l’étude de Weiss et collaborateurs qui a démontré qu’une fraction polyphénolique intégrée à un bain de bouche pouvait entraîner une réduction significative de S. mutans, aucune étude clinique sur un nombre significatif de sujets n’a encore été réalisée. Des études cliniques en ce sens sont donc primordiales.

Il est peu probable que la consommation de jus de canneberge en soi puisse avoir un effet bénéfique sur la santé buccale à cause du temps de contact insuffisant entre les surfaces buccodentaires (dents, gencives) et les polyphénols de la canneberge. De plus, le sucre additionné aux boissons de canneberges, de même que l’acidité qui les caractérise, peuvent contribuer à la déminéralisation de l’émail des dents. Des études visant à isoler et à caractériser les molécules bioactives présentes dans les extraits de la canneberge s’avèrent donc nécessaires. Ces molécules pourraient ainsi être intégrées à des produits d’hygiène buccale dans le but de vérifier leurs effets bénéfiques potentiels dans un contexte de prévention des maladies buccodentaires. De plus, une application localisée de ces substances bioactives dans les sites parodontaux malades, par irrigation ou mise en place d’une fibre résorbable, pourrait permettre de moduler la réponse de l’hôte, d’inhiber les enzymes impliquées dans la destruction de la matrice extracellulaire et d’atténuer la virulence des parodontopathogènes. Dans une telle éventualité, les polyphénols de la canneberge pourraient contribuer à réduire l’utilisation d’antibiotiques et prévenir de ce fait le développement de résistances bactériennes.

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