Le gluten provoque une inflammation du cerveau : étude en laboratoire sur des souris

Des chercheurs de l’université d’Otago ont fait une observation remarquable qui pourrait constituer une découverte révolutionnaire : le gluten de blé pourrait déclencher une inflammation cérébrale chez la souris. Cette découverte, dirigée par le professeur associé Alex Tups et décrite dans le Journal of Neuroendocrinology, soulève des questions intrigantes quant à ses implications pour la santé humaine.

Les chercheurs ont utilisé des souris comme sujets en raison de leurs similitudes physiologiques avec les humains, notamment en ce qui concerne les systèmes circulatoire, reproductif, digestif, hormonal et nerveux. Il est donc possible que la réaction inflammatoire observée chez les souris se produise également chez l’homme.

L’étude s’est concentrée sur l’impact du gluten, que l’on trouve couramment dans le blé, le seigle et l’orge, sur le cerveau. Alors que des études antérieures avaient mis en évidence le rôle du gluten dans la prise de poids et l’inflammation de l’intestin des souris, cette étude s’est penchée sur les effets du gluten sur le cerveau.

Il est intéressant de noter que l’étude a non seulement confirmé le lien entre le gluten et la prise de poids chez les souris soumises à un régime riche en graisses, mais qu’elle a également révélé un nouveau résultat : l’inflammation dans la région de l’hypothalamus du cerveau. Cette région fait partie intégrante de la régulation de fonctions métaboliques essentielles telles que le poids corporel et la glycémie.

La présence de cellules immunitaires dans le cerveau, semblables aux macrophages dans la circulation sanguine, s’est avérée augmenter en réponse à la fois au gluten et à un régime riche en graisses. On peut donc se demander pourquoi ce phénomène se produit.

Bien que les raisons exactes de cette réaction n’aient pas encore été élucidées, les chercheurs suggèrent plusieurs possibilités. Il est concevable que certains composants du gluten du blé puissent provoquer une réaction immunitaire, semblable à celle observée chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque. Il s’agit toutefois d’un domaine de recherche encore balbutiant, et des investigations supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces résultats sont pertinents pour les personnes souffrant de maladie cœliaque ou de sensibilité au gluten.

Le professeur associé Tups insiste sur le fait que cette découverte n’implique pas une recommandation générale d’éliminer le gluten de l’alimentation. Il suggère que l’adoption brutale d’un régime sans gluten pourrait entraîner d’autres complications pour la santé, étant donné que de nombreux produits sans gluten sont transformés, pauvres en fibres et riches en sucre. Il préconise plutôt des études futures pour déterminer si les résultats obtenus chez les souris peuvent être extrapolés à l’homme et si l’inflammation cérébrale induite par le gluten peut être pertinente pour les personnes sensibles au gluten.

En substance, cette étude ouvre un nouveau champ d’exploration, nous incitant à nous demander si les implications du gluten de blé sur l’inflammation cérébrale chez les souris pourraient également être pertinentes pour les humains.

Source : https://www.otago.ac.nz/news/news/otago0246785.html

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