L’apport en protéines végétales est lié à une réduction du risque de maladie rénale chronique : Une étude de cohorte prospective

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est un problème de santé important, et les interventions diététiques se sont révélées prometteuses pour ralentir sa progression et améliorer les résultats cliniques. Cependant, l’impact spécifique de la consommation de protéines végétales sur l’incidence de la maladie rénale chronique reste incertain. Pour combler cette lacune, une équipe de chercheurs a mené une étude de cohorte prospective impliquant 117 809 participants sans antécédents d’IRC, avec un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) de ≥60 ml/min/1,73 m², et un rapport albumine/créatinine urinaire (UACR) de <30 mg/g.

L’étude visait à examiner l’association entre l’apport quotidien en protéines végétales en g/kg/jour et la survenue d’une maladie rénale chronique. Les participants ont rempli plusieurs questionnaires alimentaires et les données sur les diagnostics de maladie rénale chronique étaient basées sur les codes de la Classification internationale des maladies, 10e révision (CIM-10), ou de l’Office of Population Censuses and Surveys Classification of Interventions and Procedures, version 4 (OPCS-4).

Sur une période de suivi médiane de 9,9 ans, les chercheurs ont observé une maladie rénale chronique chez 3,2 % des participants, soit un taux d’incidence de 3,2 pour 1 000 personnes-années. Dans leurs analyses, ils ont utilisé un modèle de risques proportionnels spécifique à la cause, prenant en compte les risques concurrents en considérant le décès survenant avant l’apparition de la maladie rénale chronique comme un événement concurrent.

Les résultats ont révélé une relation inverse significative entre la consommation de protéines végétales et le risque de maladie rénale chronique. Après ajustement pour divers facteurs de confusion, les rapports de risque ajustés (aHR) pour la maladie rénale chronique incidente diminuent avec les quartiles supérieurs de l’apport en protéines végétales par rapport au quartile le plus bas. Les aHRs étaient de 0,90, 0,83 et 0,82 pour les deuxième, troisième et plus haut quartiles, respectivement. En outre, lorsque l’apport en protéines végétales a été modélisé comme une variable continue, l’aHR pour une augmentation de 0,1 g/kg/jour était de 0,96.

Cette association favorable entre l’apport en protéines végétales et l’incidence de la maladie rénale chronique est restée constante dans les analyses secondaires basées sur d’autres définitions de la maladie rénale chronique. Les analyses de sensibilité ont également donné des résultats similaires, ce qui confirme la solidité des résultats.

Les limites de l’étude comprennent des évaluations diététiques potentiellement incomplètes et les caractéristiques des participants de l’étude UK Biobank, qui pourraient limiter la généralisation des résultats. Néanmoins, cette étude de cohorte vaste et complète suggère qu’une plus grande consommation de protéines végétales est associée à un risque réduit de maladie rénale chronique.

Compte tenu de l’importance de la maladie rénale chronique en tant que fardeau pour la santé publique, ces résultats méritent d’être approfondis par des études interventionnelles afin d’établir les avantages de la consommation de protéines végétales en termes de protection des reins. Le fait que les interventions diététiques puissent influencer la progression de la maladie rénale chronique ouvre la voie à de nouvelles possibilités de gestion et de prévention de cette maladie, ce qui permet d’espérer une amélioration des résultats pour les patients et une réduction du fardeau des soins de santé.

source : https://www.ajkd.org/article/S0272-6386(23)00742-4/fulltext

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