LA RESTRICTION DE CALORIE CHEMOTHERAPIE CHEZ LES PATIENTS DU CANCER Faits, fantasmes ou malentendus

Des études expérimentales sur des lignées de cellules cancéreuses et des animaux porteurs de tumeurs soutiennent le concept selon lequel un jeûne de courte durée pourrait potentialiser l’effet de la chimiothérapie antinéoplasique en raison d’une adaptation métabolique particulière : les cellules normales, tandis que les cellules cancéreuses resteraient particulièrement sensibles aux effets toxiques de la thérapie. Le potentiel d’une telle approche est actuellement mis en avant par les médias mais les données chez l’homme sont très rares et de nombreux oncologues craignent que le jeûne péri-chimiothérapie n’aggrave l’état nutritionnel du patient. L’objectif de cette revue est de mettre l’accent sur les avantages par rapport aux effets indésirables du jeûne péri-chimiothérapie et de clarifier si la divergence d’opinions concernant cette approche repose sur des données issues d’essais cliniques ou simplement sur des malentendus ou des préjugés.

Nous avons passé en revue toute la littérature disponible concernant le jeûne péri-chimiothérapie chez les patients atteints de cancer, en mettant l’accent sur l’observance, la prévalence des effets indésirables et la réponse tumorale.

Sept articles étaient disponibles pour l’analyse. Toutes les études ont inclus des patients apparemment bien nourris et la plupart d’entre eux avaient un cancer du sein ou un cancer gynécologique. Presque toutes ont conclu à la faisabilité du jeûne péri-chimiothérapie, avec une bonne compliance des patients. Une perte de poids a toujours été signalée, mais elle était généralement légère, même si elle nécessitait parfois une intervention nutritionnelle entre les cycles de chimiothérapie. Un ECR a signalé une meilleure réponse radiologique du cancer du sein lors de la chimiothérapie néoadjuvante.

Le jeûne péri-chimiothérapie semble être une procédure sûre chez les patients bien nourris recevant une chimiothérapie de courte durée. Cependant, les allégations de bénéfice oncologique sont prématurées et les rumeurs sur son efficacité sont actuellement injustifiées.

Source :https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S026156142200139X

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