La consommation de régimes riches en matières grasses par les mères et pendant la petite enfance conduit à une préférence pour les aliments salés.

Selon une étude publiée dans Scientific Reports par des chercheurs de l’Université médicale et dentaire de Tokyo (TMDU), les régimes alimentaires riches en graisses de la mère et du jeune enfant entraînent un goût pour les aliments salés. Les chercheurs ont utilisé un modèle de rat pour étudier les effets d’une exposition sur deux générations à un régime riche en graisses sur la préférence gustative. Des femelles enceintes et allaitantes ont été soumises à un régime riche en graisses, tandis qu’un groupe témoin a reçu un régime standard. Les enfants de chaque groupe ont reçu le même régime alimentaire après le sevrage et leur préférence pour cinq goûts de base a été testée à l’aide d’un test de deux bouteilles. Les chercheurs ont constaté que les enfants exposés à un régime riche en graisses pendant la gestation et au début de leur vie préféraient l’eau salée.

Les résultats de cette étude sont essentiels car ils permettent de mieux comprendre la programmation du comportement alimentaire et des préférences gustatives de la progéniture, ce qui est crucial si l’on considère les liens étroits qui existent entre une mauvaise alimentation et une mauvaise santé. L’auteur principal de l’étude, Takashi Ono, a expliqué que le goût a un impact sur la consommation alimentaire, et que si quelque chose a bon goût, les circuits cérébraux de récompense sont activés, et les individus sont plus susceptibles d’en manger davantage. Cette préférence pour les aliments salés peut être particulièrement dangereuse, car une consommation excessive de sodium peut entraîner une hypertension artérielle, des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

Les chercheurs ont également étudié les niveaux des protéines impliquées dans la perception du goût salé et ont constaté que l’expression des protéines et des gènes du récepteur de l’angiotensine II de type 1 (AT1) augmentait dans les papilles gustatives de la progéniture féminine exposée à un régime riche en graisses. L’AT1 est connu pour être associé à une préférence pour le goût salé, et les chercheurs suggèrent qu’il affecte la préférence pour le goût salé en augmentant la consommation de sodium dans les cellules des papilles gustatives. Ces résultats constituent une première étape cruciale pour comprendre comment l’exposition maternelle et précoce à un régime riche en graisses peut influencer la préférence gustative de la progéniture et augmenter le risque de développer une obésité et des maladies liées à l’alimentation, telles que les maladies cardiovasculaires, dans les générations suivantes.

En conclusion, cette étude souligne l’importance d’une alimentation saine pendant la grossesse et au début de la vie pour réduire le risque d’obésité et de maladies liées à l’alimentation chez les descendants. Elle souligne également la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine afin de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent la programmation du comportement alimentaire et des préférences gustatives de la progéniture. En fin de compte, une meilleure compréhension de ces mécanismes peut conduire à l’élaboration d’interventions visant à réduire le risque de développer une obésité et des maladies liées à l’alimentation chez les descendants et les générations suivantes.

Source :https://www.nature.com/articles/s41598-023-31662-0

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