Insuline et dénutrition

La dénutrition représente l’état d’un organisme en déséquilibre nutritionnel, le plus souvent caractérisé par un bilan énergétique et/ou protéique négatif. Il est important de prévenir, de dépister et de traiter la dénutrition protéique qui est un facteur indépendant de morbi-mortalité. En effet, la réduction de la masse maigre correspond à un état de dénutrition, situation extrêmement délétère pour les individus, et qui contribue à la morbidité et à la mortalité des sujets atteints, le plus souvent âgés [1], [2], mais également jeunes [3], [4].

La dénutrition peut être observée dans de nombreuses situations, comme les défauts d’apport, les défauts d’absorption, ou la non-couverture des besoins énergétiques élevés. Il a été montré que les diabètes déséquilibrés provoquent également une dénutrition protéique. Ceci est en partie expliqué par une réduction de la disponibilité en insuline (diabète carencé en insuline) et/ou une diminution de l’action de cette hormone (diabète insulinorésistant) sur les muscles squelettiques. Par ces actions, on peut se poser la question : l’insulinothérapie a-t-elle un effet bénéfique lors du traitement de la dénutrition ? Il semble donc intéressant d’étudier en détails les voies moléculaires impliquées dans la progression de cette sarcopénie, ainsi que les études cliniques disponibles, afin d’envisager des perspectives thérapeutiques.

Les actions anaboliques de l’insuline sur le muscle squelettique
L’insuline est l’hormone anabolique par excellence. Lors de sa sécrétion en situation postprandiale, l’insuline permet le stockage des glucides dans les tissus insulinodépendants, les acides gras dans les adipocytes et les acides aminés dans les muscles squelettiques. En plus de son rôle dans la captation musculaire des nutriments, l’insuline joue un rôle clé dans la croissance musculaire. Loin des repas, la diminution progressive de l’insulinémie et la stabilité de la glucagonémie (voire sa

La dénutrition protéique
La sarcopénie correspond à une perte de masse musculaire et est fréquemment observée chez les personnes âgées. Elle peut également être observée à tout âge lorsque les besoins énergétiques dépassent les apports [13]. Les muscles représentent, en moyenne, entre 40 et 50 % de la masse maigre chez un individu. La prévalence de ce trouble est également possible dans le cadre de l’obésité, on parle « d’obésité sarcopénique ». Dans ce cas, les régimes stricts réalisés préalablement au cours de la vie

Sarcopénie de la personne âgée
Nous avons vu précédemment que l’insuline, ainsi que l’activité physique, jouent un rôle important dans le métabolisme et la croissance des muscles squelettiques. Néanmoins, chez les personnes âgées, la réponse anabolique musculaire à la suite d’une activité physique est altérée [16]. Durant les 24 h postexercice, la synthèse de protéines musculaires est fortement réduite chez ces individus par rapport à des sujets plus jeunes [17]. Une hypothèse expliquant cette altération est une diminution de

Le déséquilibre du diabète comme cause de sarcopénie
Outre le vieillissement, d’autres phénomènes chroniques peuvent fortement altérer l’anabolisme protéique, comme l’hyperglycémie chronique. En cas de diabète de type 1 (DT1), on sait que l’insuffisance du contrôle de la glycémie par l’insuline expose à des réductions du poids corporel. Dans ce cas de carence en insuline, au diagnostic (syndrome cardinal) ou lors du traitement chronique, une réduction de la masse musculaire est constamment présente, comme l’attestent des études de composition

Effets de l’insulinothérapie sur le poids
L’insulinothérapie a sa place, soit en cas de carence absolue en insuline, soit en cas de déséquilibre du diabète, soit en cas de contre-indication (en particulier rénale) des traitements habituels. Les éléments que nous avons vus concernant les effets physiologiques musculaires de l’insuline expliquent que la question des effets thérapeutiques bénéfiques de l’insulinothérapie sur la composition corporelle puisse être logiquement posée. Les données disponibles dans la littérature sur les effets

Effets de l’insulinothérapie sur la sarcopénie de la personne âgée
Jusqu’à une date récente, l’équilibration du diabète passait parfois au second plan chez les personnes âgées face à des comorbidités sévères ou une dégradation de l’état général dont les prises en charge semblaient prioritaires. De plus, l’insulinothérapie est sous-utilisée dans cette tranche d’âge de peur d’induire des contraintes inacceptables chez le patient et sa famille et des hypoglycémies. Or, l’espérance de vie augmentant, il n’est plus rare d’observer de plus en plus fréquemment en

En conclusion, l’analyse actuelle de la littérature est pauvre en essai clinique permettant de montrer avec un niveau de preuves suffisant que l’insulinothérapie seule a des effets bénéfiques sur la sarcopénie de la personne âgée. À l’inverse, l’apport suffisant et répété en protéines est indispensable pour le maintien de la masse maigre (chez la population âgée diabétique ou non) et l’effet de cet apport sera d’autant plus efficace qu’une activité physique y sera associée. Si l’on considère

Source :https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1957255722001717

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