Imagerie moléculaire et obésité : Comprendre les modifications cérébrales liées à l’alimentation

Introduction : L’imagerie moléculaire par TEP/IRM au 18F-flubatine a permis de mettre en évidence des réactions neuronales distinctes dans le cerveau des personnes souffrant d’obésité lorsqu’elles sont exposées à des signaux alimentaires, comparées à celles des personnes de poids normal. Ces découvertes renforcent le potentiel des neurorécepteurs en tant que cible prometteuse pour le développement de traitements et de thérapies ciblées contre l’obésité. Cette recherche, présentée lors de la réunion annuelle 2023 de la Society of Nuclear Medicine and Molecular Imaging, contribue à une meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux qui sous-tendent l’obésité et offre des pistes pour des interventions médicales futures.

Défi mondial de l’obésité : Avec plus d’un milliard de personnes touchées à travers le monde, l’obésité représente un défi majeur pour les systèmes de soins de santé. La recherche de solutions efficaces pour une perte de poids durable est donc une priorité cruciale. Pour cela, les scientifiques étudient les mécanismes biologiques et comportementaux chez les personnes obèses afin de déceler des voies potentielles de traitement et d’intervention.

Le système cholinergique du cerveau et son rôle : Le système cholinergique du cerveau, en particulier les changements cholinergiques dans les réseaux cérébraux de récompense et d’attention, semble jouer un rôle important dans les choix alimentaires. L’étude s’est concentrée sur les récepteurs nicotiniques α4β2* de l’acétylcholine, situés dans le système cholinergique, en réponse à des indices alimentaires hautement caloriques.

Méthodologie de l’étude : Quinze personnes souffrant d’obésité et seize témoins de poids normal ont été soumis à une TEP/IRM avec la 18F-flubatine à deux reprises, une fois au repos et une fois en visionnant des images d’aliments. Le volume total de distribution de la 18F-flubatine a été évalué, et des mesures comportementales ont été recueillies à l’aide du Three-Factor Eating Questionnaire (TFEQ).

Résultats de l’étude : Au repos, aucune différence significative n’a été observée dans le volume total de distribution de la 18F-flubatine entre les participants souffrant d’obésité et les témoins de poids normal. Cependant, lors de la visualisation d’images d’aliments, le volume total de distribution de la 18F-flubatine était plus élevé dans le thalamus du cerveau chez les obèses, en particulier chez ceux ayant un score plus élevé au TFEQ.

Différences neuronales entre les groupes : Chez les témoins de poids normal, la connectivité avec le réseau d’attention dorsale du cerveau était plus forte lors de la visualisation de signaux alimentaires, tandis que chez les participants obèses, la connectivité avec le réseau de saillance était plus forte. Des corrélations significatives ont également été observées entre la répartition du volume total de la 18F-flubatine et les mesures de satiété chez les témoins de poids normal, ainsi qu’entre la répartition du volume total et les mesures de désinhibition dans le noyau accumbens chez les participants obèses.

Perspectives pour de futurs traitements : Les résultats de cette étude ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, notamment des traitements médicamenteux et des interventions comportementales, pour lutter efficacement contre l’obésité à l’échelle mondiale. De plus, la technologie d’imagerie moléculaire utilisée pourrait permettre l’identification de biomarqueurs utiles pour la stratification des patients et faciliter le développement de médecine personnalisée à l’avenir. Cette avancée pourrait avoir un impact significatif sur la gestion de l’obésité et l’amélioration des soins de santé dans le monde entier.

Source : https://www.snmmi.org/NewsPublications/NewsDetail.aspx?ItemNumber=44239

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