Génétique et régime dans la stéatose hépatique non alcoolique

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) est devenue une préoccupation majeure pour la santé, les facteurs génétiques et alimentaires jouant un rôle crucial dans son développement et sa progression. Dans une étude récente, les chercheurs ont exploré l’interaction entre la variante génétique PNPLA3 (rs738409) et les habitudes alimentaires, mettant en lumière des pistes potentielles pour des stratégies de traitement personnalisées.

L’étude a mis en évidence un lien convaincant entre des variants génétiques spécifiques et des schémas alimentaires. Les individus porteurs des allèles CG/GG de la variante génétique PNPLA3 ont montré un risque accru de stéatose hépatique sévère et de fibrose hépatique significative lorsque leur apport en glucides dépassait ou atteignait 48 %. Cette constatation souligne l’impact des choix alimentaires sur la santé du foie, en particulier dans le contexte de prédispositions génétiques spécifiques.

Les glucides, en particulier le fructose, ont été identifiés comme des facteurs alimentaires clés influençant le dépôt de graisses dans le foie. Le gène PNPLA3, sensible aux changements dans l’équilibre énergétique, est significativement influencé par la consommation de glucides. L’étude a mis en lumière le fait que cette variante génétique interagit avec la consommation de glucides, augmentant le risque de stéatose chez les porteurs des allèles CG/GG par rapport à ceux ayant le génotype CC.

Cette recherche ouvre des perspectives pour améliorer la prise en charge de la NAFLD. En comprenant comment la variante génétique PNPLA3 interagit avec la consommation de glucides, une approche de nutrition plus personnalisée peut être formulée, s’éloignant d’une stratégie unique pour tous. Ce concept, souvent appelé « nutrition personnalisée », met l’accent sur l’adaptation des interventions diététiques à la composition génétique unique et aux préférences alimentaires de chaque individu.

Les points forts de l’étude résident dans l’utilisation d’outils non invasifs et dans la validation des résultats par biopsie du foie, considérée comme la référence pour le diagnostic de la NAFLD. Cependant, certaines limites, telles que les variations ethniques potentielles dans les taux de mutation de PNPLA3 et la conception transversale de l’étude, doivent être reconnues. Des études futures impliquant des populations diversifiées et des conceptions longitudinales pourraient confirmer et généraliser davantage ces résultats.

En conclusion, cette recherche apporte des éclairages cruciaux sur l’interaction complexe entre les prédispositions génétiques et les habitudes alimentaires dans le contexte de la NAFLD. En tenant compte de la composition génétique individuelle et en adaptant les recommandations alimentaires en conséquence, les professionnels de la santé peuvent potentiellement offrir des approches plus efficaces et personnalisées pour gérer la NAFLD. L’ère de la nutrition personnalisée se profile, offrant ainsi un avenir où les soins de santé sont aussi uniques que les individus qu’ils visent à servir.

Source : https://www.clinicalnutritionjournal.com/article/S0261-5614(23)00311-4/fulltext

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