Le risque de dénutrition chez le sujet âgé diabétique : une limite à l’utilisation des « nouvelles » classes thérapeutiques ?


Un quart de la population diabétique a aujourd’hui plus de 75 ans et le nombre de personnes diabétiques âgées ne cesse d’augmenter. La prise en charge de ces patients est particulièrement complexe car elle ne doit pas se limiter au diabète, mais bien prendre en compte toutes les complications liées à l’âge. Ces complications gériatriques sont souvent méconnues, sous-estimées, et c’est le cas notamment de la dénutrition. Les liens physiopathologiques bien établis entre le surpoids, l’obésité et le diabète de type 2 (DT2) font souvent oublier cette complication particulière qui peut toucher tous les patients diabétiques âgés, même obèses. Enfin, la dénutrition favorise l’aggravation de la sarcopénie dont les conséquences sont importantes chez ces personnes âgées.

Les nouvelles classes thérapeutiques, agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 (AR-GLP1) et inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (iSGLT2) sont au cœur de l’actualité du fait de leur bénéfice métabolique et de leur protection cardio-rénale, mais ont-elles des limites d’utilisation chez les sujets âgés du fait de la perte de poids qu’elles peuvent induire ?

Les spécificités du sujet âgé
Chez les sujets âgés, le diabète est souvent compliqué [1]. Ainsi, l’âge moyen d’hospitalisation pour la prise en charge des complications est de 69,5 ans pour un infarctus transmural, de 75 ans pour un accident vasculaire cérébral (AVC), de 72,6 ans pour une plaie des membres inférieurs, de 71,3 ans pour une amputation des membres inférieurs, et de 69,9 ans pour un greffé rénal. La population diabétique âgée est souvent à très haut risque cardiovasculaire et rénal. Elle correspond donc par ses

La fréquence de la dénutrition dépend des critères utilisés pour le diagnostic et du lieu de vie du sujet âgé [2], avec une fréquence plus importante en institution ou à l’hôpital. La prévalence en Europe est ainsi estimée par le Mini Nutritional Assessment (MNA®) à près de 30 % en unité de soins de longue durée contre 3 % chez les sujets vivant chez eux [2].

En France, nous disposons des résultats de l’étude GERODIAB [3], étude multicentrique observationnelle prospective de suivi de cohorte

L’intérêt et la place des nouvelles classes médicamenteuses
L’efficacité des nouvelles classes médicamenteuses semble confirmée dans cette population particulière de personnes âgées, à la fois sur leur action hypoglycémiante et dans le bénéfice de protection cardiovasculaire, tant pour les AR-GLP1 que pour les iSGLT2. Cependant, les données sont issues d’analyses post-hoc portant sur de petits effectifs de patients qui, souvent, ne sont pas très âgés. En effet, aucune de ces études de sécurité cardiovasculaire n’a inclus spécifiquement une population de

Quelles indications pour quels patients ?
L’European Association for the Study of Diabetes (EASD), la Gerontological Society of America (GSA) et l’Obesity Society, puis l’American Diabetes Association (ADA) ont publié [15] des recommandations ayant une approche originale : elles considèrent trois groupes de patients sans référence à la notion de « fragilité » ; elles définissent ces groupes en fonction de leur autonomie (dont les critères sont universellement admis et facilement évaluables), de l’état cognitif et de comorbidités

La prise en charge des patients âgés et diabétiques est complexe car elle doit adapter les objectifs thérapeutiques et les moyens utilisés pour y parvenir selon la réussite du vieillissement du patient. Les complications gériatriques restent mal connues ou sous-évaluées, comme c’est le cas en particulier de la dénutrition. Les AR-GLP1 et les iSGLT2 ont un intérêt certain dans la population âgée en raison de la protection cardio-rénale procurée par ces médicaments.

Source :https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1957255722001146

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