Jeûne et adaptation énergétique, d’où vient l’énergie ?

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D’où vient l’énergie lors d’une période normale (hors jeûne) ?

Habituellement, lorsque l’apport calorique journalier est suffisant, l’énergie est produite par la dégradation du glucose (après glycolyse). Deux voies sont simultanément impliquées: la voie oxydative (cycle du citrate), et la voie de fermentation (cycle du lactate). Une dégradation marginale des acides gras (bêta oxydation) et des acides aminés (désamination oxydative, transamination) est toujours présente et est accompagnée d’une cétogénèse (formation de corps cétoniques) encore plus marginale.
La sollicitation de la bêtaoxydation, voire de la désamination et la transamination se fait progressivement si la personne produit un effort physique au dela de plusieurs dizaines de minutes.
Il ne faut pas non plus oublier le cycle de la phosphocréatine qui, indépendamment de toutes les précédentes voies, fournit l’énergie nécessaire lors d’efforts brefs et intenses ou en début d’effort (premières secondes).

D’où vient l’énergie lors d’une période de jeûne ?

Tout dépend de la durée du jeûne, de l’intensité et de la durée des activités fournit et des réserves énergétiques du sujet.

Schématiquement, un renversement radical de tendance s’oppère. Les cycles les plus utilisés hors jeûne (glycolyse) deviennent négligeables lors du jeûne et les cycles les moins utilisés deviennent prépondérants (cétogénèse).

Phase 1: la glycolyse se réduit progressivement au profit de la bêtaoxydation, de la désamination et de transamination qui prennent de l’ampleur engageant en parallèle la cétogénèse.

Phase 2: la glycolyse est à son minimum, la cétogénèse prend de plus en plus de l’ampleur et arrive au tiers de l’apport énergétique après quelques jours (3 jours en moyenne) de jeûne continu ou plusieurs jours de jeûne intermittent (7-10 jours).

Phase 3: la glycolyse devient négligeable et le corps se convertie à la cétogénèse qui devient la source principale d’énergie (plus de 60%) en quelques dizaines de jours (40 jours en moyenne) de jeûne continu ou plusieurs dizaines de jours de jeûne intermittent.

Le corps utilise alors en priorité 2 corps cétoniques (l’acétoacétate et l’acide bêta D-butyrique) et en élimine un (l’acétone). La dégradation des acides gras et les acides aminés sont également une partie non négligeable de la production d’énergie. La dégradation des acides aminés prend le dessus sur celle des acides gras au fûr et à mesure que la durée du jeûne avance.
La glycolyse existe toujours mais de façon négligeable et la source du glucose n’est plus le glycogène hépatique mais la néoglucogénèse ou conversion des acides aminés et des acides gras en glucose.

 

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Production d’énergie : glycolyse, bêta-oxydation, cétogenèse

Métabolisme des lipides et formation des corps cétoniques

Métabolisme des protéines et des acides aminés

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