Index sympathovagal : Peut on mesurer objectivement la douleur ?

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Vous me diriez que c’est une variable intraindividuelle et qu’à la limite elle n’existerait même pas. Prétendre qu’on peut mesurer objectivement l’intensité d’une douleur comme on mesurerait la tension artérielle ou la glycémie ou la cholestérolémie serait d’admettre qu’il existe une matrice physiologique derrière ce phénomène (système nerveux autonome?) qu’on ne peut finalement décrire que par rapport à ses manifestations extérieurs ?

Qu’est ce que la douleur réellement ? Voilà la question à laquelle il faudra répondre avant d’entamer une quelconque réflexion à propos d’un procédé de mesure. Il faut pouvoir la définir comme quelque chose de tangible, un peu comme si on définirait un processus physiologique ou physique.
Or, les seules définitions qu’on possède aujourd’hui, tendent toutes vers l’idée de la sensation désagréable. Et vous comprenez qu’il n’y a rien d’objectif dans une sensation, et encore moins désagréable. Même en neurophysiologie, on ne parle que d’influx nerveux soit disant nocicepteur. Mais personne ne sait vraiment distingué un influx nocicepteur d’un influx ordinaire. Et puis, l’influx nerveux ne serait qu’un transmetteur d’information.

Dans ce cas là, c’est plus haut qu’il faudra chercher, quelques parts dans le cortex cérébral ? peut être, ou peut être également sous le cortex cérébral… vous savez.. ce complexe qu’on appelle le système limbique responsable des émotions. Et dans les les émotions il y a des positives et des négatives, ce qui sous entend du plaisir et de la douleur.
Mais, ce ne serait qu’une hypothèse qui du moins a le mérite d’être plus tangible et plus précise que celle de la sensation désagréable.

Au final, si votre réponse est non, on ne peut pas mesurer une douleur objectivement et bien vous aurez probabelement raison car la méthode de mesure de la douleur la plus reconnue à l’échelle mondiale est celle de l’échelle analogue de la douleur.

Ne croyez pas que c’est un procédé ultra-sophistiqué. Il s’agit en fait d’un morceau de papier cartonné (dans le meilleurs des cas en plastique) ou plutôt une espèce de règle numéroté de 0 à 10 (parfois jusqu’à 20) avec une petite flèche (en carton ou en plastique) que le patient va déplacer en fonction de sa douleur… Voilà c’est tout
Oui oui, je vous assure que c’est tout. Je ne sais pas pour vous mais, pour moi le premier mot qui me viendrait à l’esprit en me décrivant un instrument pareil est, le mot rudimentaire. C’est le genre d’instruments qu’on trouve au paléolithique.

Du coup, vous me diriez puisque tu te marres bien, tu as certainement un autre procédé à nous proposer.
Rassurez vous, heureusement que oui 😃
Mais ça ne vient même pas de moi. Il y a des publications à ce sujet. Personne n’a jugé utile de les utiliser afin de mesurer la douleur.
On préfère demander au patient de faire bouger le curseur comme ferait nos ancêtres du paléolithique.

J’avais toujours le fou rire quand je voyais à la Salpêtrière un médecin ou une infirmière entrain d’expliquer sérieusement “la technique” (si supposer qu’elle en soit une) avec des termes très sophistiqués et bien choisis, que le 0 correspondrait à l’absence de signal nocicepteur et que le 10 correspondrait à la douleur la plus insupportable qu’il pouvait ressentir… et tout le reste.. Une fois j’observais un médecin rééducateur demander à une senior de 75 ans jusqu’à quel point elle avait mal: un peu, moyen, beaucoup, ou insupportable 😂

Qu’est ce que l’index sympathovagal ?

Vous vous en doutez bien que ça n’a rien à voir avec un rectangle numéroté sur lequel on agite un curseur.
L’analyse spectrale du système nerveux autonome (pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, téléchargez mon premier orthobook gratuitement, rendez vous sur le lien tout en bas) permet de distinguer l’activité sympathique de celle du parasympathique. Le rapport entre la variabilité des deux systèmes permet de mesurer objectivement et sans aucune “règle à curseur” le niveau de douleur sans même avoir l’avis du patient. En fait, je pourrais même dire que son avis ne compte pas car cette méthode permet de mesurer la douleur même chez les inconscients (les comateux) ou les bébés ou les animaux. Innovateur, n’est ce pas ?

La prochaine fois que vous irez chez votre médecin, parlez lui de l’histoire de la fameuse règle dotée d’un curseur mais ne lui parlez surtout pas de l’index sympathovagal, comme ça vous saurez au moins quelque chose sur son domaine que lui ne saurait pas 😉

À suivre..

http://orthodiet.org/orthobook-1/

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