Exploration d’une Variante Génétique Particulière pour Prévenir l’Obésité

Source : Weill Cornell Medicine

Dans une récente étude préclinique, des chercheurs de Weill Cornell Medicine ont dévoilé le rôle prometteur d’une variante génétique humaine spécifique liée à un récepteur stimulant la libération d’insuline. Cette variante semble conférer une résistance à l’obésité, ouvrant ainsi une voie potentielle pour des processus métaboliques plus efficaces.

L’étude, dévoilée en ligne le 2 novembre dans Molecular Metabolism, met en lumière l’interaction complexe entre les variations génétiques humaines et la susceptibilité à la prise de poids. En introduisant une variante génétique humaine dans le récepteur de la polypeptide insulinotrope dépendante du glucose (GIP) chez la souris, associée à un indice de masse corporelle (IMC) plus bas, les chercheurs ont observé un meilleur traitement du sucre et un maintien de la maigreur par rapport aux souris avec une variante de récepteur plus courante. Cette découverte ouvre la porte à des stratégies innovantes pour lutter contre l’obésité, une préoccupation prévalente touchant plus de 100 millions d’adultes aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention.

Le Dr Timothy McGraw, auteur principal de l’étude et professeur de biochimie en chirurgie cardiothoracique et en biochimie à Weill Cornell Medicine, a souligné l’impact profond de ces récepteurs GIP sur le métabolisme et la régulation du poids. Il a déclaré : « Notre travail met en avant les précieuses informations que la recherche scientifique fondamentale peut apporter sur des processus biologiques complexes. »

Variantes Génétiques du Récepteur GIP

Les variantes génétiques, des différences naturelles dans les séquences d’ADN entre les individus, jouent un rôle crucial dans la compréhension des traits. Les études d’association à l’échelle du génome indiquent qu’environ 20% des individus d’ascendance européenne portent une copie du récepteur GIP avec la variante génique Q354, tandis que 5% en possèdent deux copies. Le récepteur GIP interagit avec une hormone libérée en réponse aux niveaux de glucose après un repas. Le Dr Lucie Yammine, auteure principale de l’étude et associée post-doctorale en biochimie à Weill Cornell Medicine, a souligné des études suggérant un métabolisme altéré et un risque réduit d’obésité chez les individus avec au moins une copie de cette variante de récepteur GIP.

Pour explorer comment cette variante génique atténue le risque d’obésité, l’équipe a utilisé la technologie CRISPR-Cas9 pour génétiquement modifier des souris avec la variante dans le gène codant le récepteur GIP, reproduisant ainsi la version humaine. Les souris femelles avec la variante présentaient une maigreur avec une alimentation normale, tandis que les souris mâles résistaient à la prise de poids avec un régime riche en graisses, un facteur entraînant l’obésité chez leurs homologues.

Le Dr Yammine a souligné : « Un changement dans un acide aminé dans le gène du récepteur GIP influençait significativement le poids corporel global. » Les souris avec la variante montraient une sensibilité accrue à l’hormone GIP, déclenchant la libération d’insuline pour contrôler les niveaux de sucre dans le sang et faciliter la conversion de l’énergie alimentaire.

Avantages Contre l’Obésité : Révélation de la Dynamique Cellulaire

En analysant le comportement des cellules de souris avec et sans la variante exposées au glucose ou à l’hormone GIP, les chercheurs ont fait des observations intrigantes. Les cellules pancréatiques des souris avec la variante produisaient plus d’insuline en réponse aux deux stimuli, indiquant un traitement amélioré du glucose.

Le Dr McGraw a souligné l’importance de l’emplacement du récepteur GIP dans la cellule, déclarant : « Leur activité est profondément influencée par leur emplacement dans la cellule. » La variante, restant à l’intérieur du compartiment cellulaire quatre fois plus longtemps que le récepteur typique, pourrait transmettre plus de messages à la machinerie cellulaire, améliorant ainsi l’efficacité du traitement du sucre.

Tout en reconnaissant la nécessité de recherches supplémentaires pour confirmer les effets de la variante sur le comportement du récepteur, les chercheurs visent à explorer d’éventuelles variations dans le comportement du récepteur dans d’autres types de cellules, en particulier les cellules cérébrales jouant un rôle crucial dans la régulation de la faim.

Avec l’approbation par la FDA de médicaments amaigrissants ciblant des récepteurs comme GIP, tels que le semaglutide (Wegovy) et le tirzepatide (Zepbound), l’intérêt pour les études sur le récepteur GIP a augmenté. Le Dr Yammine a conclu : « Nos résultats suggèrent que la régulation du comportement et de l’emplacement du récepteur GIP pourrait offrir une nouvelle approche pour lutter contre l’obésité. »

Dans l’intervalle, le Dr McGraw a souligné l’importance de comprendre comment les individus avec différentes variantes génétiques dans le récepteur GIP réagissent aux médicaments actuels pour la perte de poids. Il a proposé : « Une compréhension plus approfondie de l’impact des différentes variantes de récepteurs sur le métabolisme pourrait ouvrir la voie à une approche de médecine de précision, adaptant des médicaments spécifiques aux variantes génétiques pour la perte de poids. »


FAQ

1. Qu’est-ce qu’une variante génétique?

  • Les variantes génétiques sont des différences naturelles dans les séquences d’ADN entre les individus, pouvant influencer divers traits et caractéristiques.

2. Comment les chercheurs ont-ils étudié l’effet de la variante génétique sur l’obésité?

  • Les chercheurs ont utilisé la technologie CRISPR-Cas9 pour introduire la variante génétique dans le gène du récepteur GIP chez des souris, reproduisant ainsi la version humaine. Ils ont observé les effets sur le poids corporel et le métabolisme.

3. Quels sont les avantages potentiels de la variante contre l’obésité?

  • La variante semble conférer une sensibilité accrue à l’hormone GIP, favorisant une libération d’insuline plus efficace, contrôlant les niveaux de sucre dans le sang et facilitant la conversion de l’énergie alimentaire.

4. Comment cette recherche pourrait-elle impacter le traitement de l’obésité?

  • Les résultats suggèrent que la régulation du comportement et de l’emplacement du récepteur GIP pourrait ouvrir de nouvelles avenues pour le développement de médicaments ciblant spécifiquement cette voie pour lutter contre l’obésité.

5. Quelles étapes suivront cette recherche?

  • Les chercheurs prévoient des recherches supplémentaires pour confirmer les effets de la variante sur le comportement du récepteur et explorer d’éventuelles variations dans d’autres types de cellules, en particulier les cellules cérébrales impliquées dans la régulation de la faim.

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