Découverte du rôle du foie dans la production d’acide palmitique pour la santé cérébrale

Dans une étude révolutionnaire menée à l’Université de Toronto, des chercheurs ont révélé la capacité remarquable du foie à produire de l’acide palmitique, un acide gras saturé essentiel à la santé du cerveau. Publiée dans la revue Nature Communications, l’étude remet en question les idées reçues sur la relation entre l’apport alimentaire en acide palmitique et ses niveaux dans le cerveau.

Sous la direction du chercheur principal Richard Bazinet, professeur et président par intérim des sciences nutritionnelles à la Faculté de médecine Temerty de l’U de T, la recherche a impliqué la manipulation des niveaux d’acide palmitique dans l’alimentation de souriceaux en développement. Contrairement aux attentes, les changements dans l’acide palmitique alimentaire n’ont pas eu d’effet sur le cerveau, mettant en lumière la capacité du foie à réguler à la hausse la production en réponse à une faible consommation alimentaire.

L’acide palmitique, un acide gras saturé prévalent dans le lait maternel, la viande et les produits laitiers, joue un rôle vital dans le soutien de la santé cérébrale tout au long de la vie. Il contribue à la structure et à la fonction de la gaine de myéline, l’isolant des connexions neuronales, et sert de précurseur à des molécules régulant l’inflammation et la signalisation cellulaire. L’étude souligne l’importance de comprendre la dépendance du corps à l’acide palmitique provenant de diverses sources au cours des différentes étapes de croissance et de maturité.

Le rôle du foie dans la régulation à la hausse de la production d’acide palmitique, en particulier pendant les étapes de développement où le besoin de ce gras est le plus élevé, est une découverte clé. Bazinet a souligné les redondances systémiques intégrées dans le corps pour garantir un approvisionnement constant en acide palmitique au cerveau. Mettant en garde contre des réductions prématurées des niveaux d’acide palmitique dans les formules pour nourrissons, l’étude suggère des implications sanitaires inconnues, notamment des effets potentiels sur le comportement et la fonction hépatique.

Pour tracer la source de l’acide palmitique dans le cerveau en développement des souriceaux, les chercheurs ont utilisé une nouvelle technique d’isotope de carbone. En analysant les ratios d’isotopes de carbone, l’équipe a distingué les sources alimentaires de la lipogenèse de novo. Le foie est apparu comme la principale source d’acide palmitique dans le cerveau en développement, une conclusion soutenue par les changements génétiques observés.

La nouvelle technique d’isotope de carbone de l’étude offre une conception d’étude rentable et à long terme par rapport aux traceurs radioactifs traditionnels. Les chercheurs étendent leur approche pour étudier les tissus cérébraux d’adultes humains, explorant des applications en sciences de la nutrition pour suivre les sources alimentaires de divers gras et nutriments. Bazinet a souligné le potentiel de cette technologie pour relever les défis liés aux apports alimentaires auto-déclarés dans la recherche nutritionnelle, offrant un moyen plus fiable de comprendre les contributions alimentaires.

Source : https://www.nature.com/articles/s41467-023-44388-4

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